Coal India réussit son placement sur le marché boursier indien
Le succès ne fait pas de doute : comme attendu, les actions Coal India ont été très demandées hier lundi pour la première journée de souscription. En fin d’après-midi, un tiers environ des titres avaient trouvé preneur, alors que l’habitude veut que le gros des demandes afflue le dernier jour. Nul doute, donc, que le placement sera largement sursouscrit jeudi soir. L’introduction du groupe public pourrait représenter environ 3,5 milliards de dollars, ce qui en fera la plus grosse levée de fonds jamais réalisée à la Bourse de Bombay.
Tout concourt à la réussite de la mise sur le marché de 10% de Coal India par l’Etat indien qui possède 100% du groupe. Le contexte est porteur: les institutionnels internationaux se ruent sur le marché indien et la croissance de 8,5% de son économie attendue pour cette année. Depuis le début de 2010, ils ont investi pour plus de 23 milliards de dollars en Inde, un record qui se traduit d’ailleurs par une montée de la roupie qui préoccupe le gouvernement. Du coup, l’indice Sensex est en progression d’environ 15% depuis le 1er janvier.
Outre ce climat positif, l’action Coal India elle-même cumule les attraits. Le groupe est le premier producteur de charbon de la planète, avec 431 millions de tonnes en 2009-2010 (à fin mars). Disposant de réserves de 65 milliards de tonnes, Coal India est en excellente santé financière. Il a réalisé sur la même année un bénéfice net de 1,6 milliard d’euros pour un chiffre d’affaires de 8,5 milliards et le groupe vient d’annoncer qu’il attendait une progression de 25% de son résultat cette année. Coal India, qui détient plus de 6 milliards d’euros de liquidités, va en outre entamer son internationalisation, avec 900 millions d’euros mis de côté à cette fin et plusieurs acquisitions à l’étude dans des pays comme l’Australie, l’Indonésie, les Etats-Unis et l’Afrique du Sud.
Autre atout de la mise sur le marché: la fourchette de prix retenue. A 225-245 roupies par action, celle-ci est considérée comme raisonnable par les analystes, qui voient donc un potentiel de hausse réel après l’introduction. Ce qui fait une différence avec les privatisations du premier trimestre 2010. L’Etat indien avait fixé des prix élevés pour les titres proposés au public. Avec comme résultat une large désaffection de ce dernier et des souscriptions réalisées essentiellement par les institutionnels publics indiens.
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