CMA CGM scelle un accord avec le turc Yildirim
Après plusieurs mois de discussions associant une kyrielle d’investisseurs potentiels, la restructuration de CMA CGM a connu jeudi soir une première issue décisive. La famille Saadé et le groupe turc Yildirim ont trouvé un terrain d’entente. L’accord signé entre les deux parties prévoit un investissement de 500 millions de dollars sous la forme d’obligations remboursables en actions d’une durée de cinq ans. Ce montant donne accès à 20% du capital, Yildirim disposant par ailleurs de trois représentants sur les dix que compte le conseil d’administration. Il doit permettre à CMA CGM «de renforcer sa structure financière et de sécuriser le financement de son plan d’investissement».
«Nous avons également accepté d’inclure dans l’accord une option portant sur un investissement supplémentaire de 250 millions de dollars en cas de besoin», a déclaré à L’Agefi Robert Yüksel Yildirim, PDG du groupe. Présent dans la production de minerai, la gestion portuaire et propriétaire de quatorze navires, l’investisseur turc entend doubler cet appui financier d’un soutien au niveau industriel. Du côté de Jacques Saadé, le pragmatisme et la patience auront fini par payer, l’actionnaire familial historique conservant le contrôle de l’entreprise avec 80% du capital et des droits de vote. Un schéma bien éloigné du scénario un temps évoqué d’une participation ramenée sous les 15% du capital.
Le président du conseil d’administration du groupe marseillais a bénéficié d’un redressement progressif de l’activité. Selon les chiffres qui seront présentés au conseil lundi, sur les neuf premiers mois de 2010, le chiffre d’affaires a progressé de 38% sur un an, à 10,52 milliards de dollars. Dans le même temps, l’Ebitda ressort à 1,95 milliard de dollars, comparé à une perte de 727 millions sur la période correspondante de 2009. Le résultat net s'établit à 1,41 milliard de dollars.
Reste en suspens la question de la participation du Fonds stratégique d’investissement (FSI) à l’avenir de CMA CGM. Un porte-parole a confirmé hier soir la décision de ne pas investir immédiatement. Le partenariat dévoilé hier devrait en tout état de cause constituer un signe rassurant vis-à-vis d’un groupe qui doit supporter une dette d’environ cinq milliards de dollars.
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