Cloudwatt veut démocratiser le «cloud computing» en Europe
Fondé à l’initiative d’Orange et de Thales qui contrôlent respectivement 44,2% et 22,2% de son capital, Cloudwatt s’est présenté hier comme un pur acteur du cloud computing ou informatique en nuage. Cette nouvelle entité «se positionne exclusivement sur le métier nouveau de fournisseur de services d’infrastructure cloud et exclut de ses activités les métiers d’hébergement et d’outsourcing», souligne Patrick Starck, président de la coentreprise.
Sur une dotation en capital de 225 millions d’euros, la Caisse des Dépôts (CDC) a investi 75 millions dans le cadre des Investissements d’avenir, ce qui confère à l’institution un tiers du capital de Cloudwatt. Le projet concurrent Numergy, porté par SFR et Bull, a reçu un soutien identique de l’Etat qui entend ainsi éviter l’hégémonie des entreprises américaines sur un marché français qui devrait croître de 35% cette année, à 2,8 milliards d’euros.
Avec des premières offres (solutions de stockage et de calculs) commercialisées avant fin 2012, la nouvelle entreprise vise un chiffre d’affaires d’environ 500 millions d’euros à 5 ans. Elle compte générer à cette échéance entre 300 et 500 emplois directs et autant d’emplois induits. Thales apporte à Cloudwatt son savoir-faire dans les technologies de sécurité, tandis que la division Business Services d’Orange mettra à sa disposition son datacenter situé à Val de Reuil en Haute-Normandie.
Mais l’entreprise a choisi de développer ses solutions informatiques autour de logiciels libres («open source») afin de garantir sa souveraineté technologique. Elle entend croître en Europe dans le secteur public et privé, en facilitant notamment l’utilisation de ce type de services auprès des PME. Ces dernières devraient être séduites par la possibilité d’accéder à des ressources de calculs évoluant au fur et à mesure de leurs besoins.
Les ambitions de Cloudwatt font écho à la volonté manifestée la semaine dernière par Bruxelles d’harmoniser les normes techniques et les règles juridiques applicables au cloud computing dans l’Union, en favorisant l’adoption de standards ouverts pour permettre aux intervenants d’atteindre une masse critique. L’essor du cloud computing aurait un effet positif estimé par la Commission à 160 milliards d’euros sur le PIB européen à l’horizon 2020, son objectif étant de créer dans ce domaine 2,5 millions d’emplois sur la période.
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