Casino obtient l’ouverture d’une procédure de conciliation avec ses créanciers

Parallèlement à cette procédure, qui peut durer jusqu’à cinq mois, le distributeur étend ses partenariats industriels et d’achats avec le groupement Les Mousquetaires. A la clé, un protocole en vue de racheter des points de vente issus du périmètre Casino France.
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Le président du tribunal de commerce de Paris a désigné les avocats Marc Sénéchal et Aurélia Perdereau en qualité de conciliateurs  -  © RK

La partie de poker démarre et va durer jusqu’à cinq mois. Le groupe de grande distribution Casino a annoncé, vendredi, avoir sollicité et obtenu auprès du président du tribunal de commerce de Paris l’ouverture d’une procédure de conciliation, pour une durée initiale de quatre mois, prorogeable le cas échéant d’un mois complémentaire.

Le président du tribunal a, par ailleurs, désigné les avocats Marc Sénéchal et Aurélia Perdereau en qualité de conciliateurs et mis fin aux procédures de mandat ad hoc ouvertes fin avril, à l’issue desquelles les discussions entre Casino et ses créanciers n’ont pas abouti.

L’ouverture de cette procédure de conciliation doit permettre à Casino de parvenir à un accord amiable avec ses créanciers sur la restructuration de sa dette dans un cadre juridique plus protecteur. A fin mars dernier, la dette financière brute du distributeur se montait à 6,23 milliards d’euros.

«La procédure de conciliation concerne uniquement la dette financière de la société Casino Guichard-Perrachon SA et de certaines de ses filiales et n’aura aucune incidence sur les relations du groupe avec ses partenaires opérationnels (en particulier ses fournisseurs) et les salariés», a précisé le groupe dans un communiqué.

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Reprise de cotation

Suspendue depuis lundi, la cotation de l’action Casino a repris vendredi. Le titre fléchissait de 8,8% en début de matinée, à 6,17 euros.

Les parties continueront d’étudier l’offre de refinancement de Casino proposée le 24 avril dernier par le milliardaire Daniel Kretinsky. Ce refinancement prendrait la forme d’une augmentation de capital réservée de 750 millions d’euros via la société EP Global, qu’il contrôle, et de 150 millions qui seraient apportés par la société Fimalac. Les autres actionnaires existants du distributeur contribueraient à hauteur de 200 millions d’euros à cette recapitalisation, au travers d’une émission d’actions avec maintien du droit préférentiel de souscription. Au total, l’apport d’argent frais sous forme de capital porterait donc sur 1,1 milliard d’euros.

Si Daniel Kretinsky, qui détient déjà 10% du capital de Casino, est bien conscient de la situation difficile dans laquelle se trouvent le groupe et son PDG, Jean-Charles Naouri, l’homme d’affaires tchèque n’est pas le seul en lice. Le jour où il a déposé son offre, le groupement Les Mousquetaires, qui exploite les magasins Intermarché, a rejoint les discussions entamées en mars par Casino et Teract, une filiale du groupe coopératif agricole français InVivo, en vue d’un rapprochement de leurs activités françaises de distribution.

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Discussions approfondies avec Les Mousquetaires

Vendredi, Casino a annoncé avoir étendu ses partenariats industriels et d’achats avec le groupement Les Mousquetaires, qui s’est aussi engagé à racheter des points de vente issus du périmètre Casino France, représentant jusqu’à 1,65 milliard d’euros de chiffre d’affaires cumulé toutes taxes comprises. Ces transactions interviendront en plusieurs phases et dans un délai de trois ans. Elles concerneront principalement des magasins situés dans des zones peu stratégiques pour Casino, c’est-à-dire hors des régions Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Le groupement Les Mousquetaires participera également, dans des conditions de participation minoritaire, au futur tour de table du groupe Casino, avec un investissement en fonds propres à hauteur de 100 millions d’euros.

La perspective de ces opérations avec Intermarché est «compatible avec les discussions actuellement en cours avec Teract sur le projet industriel initié il y a quelques mois, ainsi qu’avec toutes opérations capitalistiques complémentaires de nature à renforcer les fonds propres du groupe Casino», a précisé, vendredi, le distributeur dans son communiqué.

Des sources proches du dossier ont confié, cette semaine à l’agence Agefi-Dow Jones, que les deux propositions de restructuration annoncées à ce jour pourraient converger ou aboutir à une action de concert. Daniel Kretinsky et les fondateurs de Teract, emmenés par son directeur général, Moez-Alexandre Zouari, ont récemment engagé des discussions dans cette voie, ont indiqué ces sources.

«Le conseil d’administration de Casino a mis en place un comité ad hoc composé d’administrateurs indépendants et des membres du comité d’audit afin de poursuivre notamment l’examen des projets susvisés et de suivre la procédure de conciliation», a ajouté le distributeur.

Casino a indiqué qu’il «tiendra[it] le marché informé en temps utile».◆

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