Casino et Carrefour intéressés par Dia France pour renforcer leur format de proximité
Ce sera l’un des tout premiers dossiers de Carole Delga, nommée hier au secrétariat d’Etat au Commerce, en remplacement de Valérie Fourneyron, démissionnaire pour des raisons personnelles. La vente des magasins français du groupe de hard discount Dia s’accélère. «Deux offres vont être déposées», a confirmé hier le cabinet de la secrétaire d’Etat, en pointe sur ce dossier sensible. Dia compte 865 magasins en France, dont 230 franchisés, et 7.500 salariés.
Le nom des deux repreneurs potentiels n’a pas été dévoilé par le gouvernement mais le magazine LSA avait indiqué début mai que Casino et Carrefour étaient les plus intéressés. Les deux groupes n’ont pas fait de commentaire. Ils ont jusqu’à la fin de la semaine prochaine pour déposer leur offre ferme auprès de BNP Paribas, la banque conseil de Dia.
Hier, le secrétariat d’Etat au Commerce a indiqué vouloir travailler dans un premier temps sur une offre de reprise globale de Dia France. Mais une vente à la «découpe» paraît probable. «Dia France conviendrait probablement mieux à Casino, surtout en région parisienne. Il pourrait offrir des synergies et renforcer les positions de Casino», estiment les analystes de Citi. Dia exploite 200 magasins en Ile-de-France dont 90 rien qu’à Paris. Ces boutiques viendraient compléter le réseau de proximité de Casino avec ses enseignes Franprix et Leaderprice.
De son côté, Carrefour, qui avait scindé Dia en Bourse à l'été 2011 sous la pression de ses investisseurs, pourrait en profiter pour renforcer ses formats City, Contact et Market. La région Sud (300 magasins), rentable, susciterait également l’intérêt des repreneurs. En revanche, la situation des supermarchés de l’Ouest et du Nord pourrait inciter les repreneurs potentiels à ne pas les inclure dans leurs offres.
La valeur comptable de Dia France s’élève à un milliard d’euros mais le groupe espagnol essuiera une moins-value. Les actifs immobiliers de la division sont estimés par Dia à 200 millions d’euros, auxquels s’ajoutent environ 200 millions pour les fonds de commerce et 100 millions de déficit fiscal, soit un total de l’ordre de 500 millions d’euros, hors charges de restructuration à venir.
Plus d'articles du même thème
-
Les dépréciations de goodwill du CAC 40 restent rares
En 2025, les entreprises de l’indice ont seulement enregistré 1,3 milliard d’euros de dépréciations, un niveau qui reste très bas. Le montant de goodwill poursuit sa légère décrue à 440 milliards d’euros. -
Continental parachève son recentrage sur les pneumatiques
L’équipementier automobile allemand a signé un accord avec Lone Star en vue de lui céder sa filiale ContiTech pour un montant plancher de 4 milliards d’euros. -
EasyJet accepte de se faire racheter par Castlelake
La compagnie avait rejeté l’offre du fonds d’investissement à quatre reprises. La dernière proposition, à 5,5 milliards de livres, a finalement été acceptée.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable