Casino accepte de diviser par deux la valeur de Cnova pour assurer l’IPO
Casino privilégie sa stratégie de long terme à un gain de court terme. Le distributeur stéphanois a accepté d’introduire hier en Bourse sa filiale mondiale de e-commerce, Cnova, 50% en dessous du prix prévu. L’offre sur le Nasdaq s’est faite à 7 dollars par action, alors que la fourchette indicative était prévue entre 12,50 et 14 dollars, valorisant le groupe 2,9 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros), et non plus 5,8 milliards au mieux, soit 0,8 fois son chiffre d’affaires 2013.
Un ratio valeur d’entreprise sur chiffre d’affaires 2015 de 0,55 fois, soit une décote de 36% par rapport aux comparables, selon Oddo. «La valorisation de Cnova est nettement inférieure à celle d’Amazon ou d’Alibaba, note Barclays. Le faible montant levé n’aura guère d’impact sur le bilan de Casino tout en limitant le potentiel de développement de Cnova ». De fait, la plate-forme d’e-commerce ne lève ainsi que 188 millions de dollars (150 millions d’euros).
Alors que les conditions de marché se sont dégradées ces dernières semaines – Zalando évolue notamment sous son prix d’introduction – Casino n’a pas souhaité décaler l’opération sine die. L’opportunité d’une cotation de Cnova sur une place stratégique donnant accès à de grands investisseurs l’a emporté, selon un proche du dossier. Néanmoins, les investisseurs de Casino n’ont pas apprécié. Le titre cédait à Paris 3,96% à 81,15 euros. La faible valorisation de Cnova «peut avoir une incidence sur la valorisation de Casino en somme des parties (Casino aura, post-opération, un intérêt économique de 58,4% dans Cnova)», note Natixis.
Cnova offrait seulement 26,8 millions d’actions nouvelles, soit 6,5% de son capital. A mi-séance, l’action ne prenait que 4%.
«Notre déception est toutefois relativisée par le fait que nous avons toujours privilégié une lecture industrielle du projet de cotation de Cnova à celle d’un ‘coup financier’, note CM-CIC. L’absence de track-record de Cnova a certainement pesé alors que les e-commerçants cotés depuis des années se paient moins sur des multiples de chiffre d’affaires de l’année en cours que sur des multiples de résultat opérationnel courant (ROC) de l’année n+4 (entre 8 et 14 fois le ROC 2018)», ajoute CM-CIC.
D’autres analystes évoquent la complexité de la structure du capital, détenu en partie par les filiales de Casino, et la diversité des actifs de Cnova, principalement Cdiscount en France et Nova Pontocom au Brésil.
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