Carrefour sacrifie sa rentabilité à court terme pour retrouver la croissance
Carrefour bat sa coulpe. Après la poursuite des contre-performances en France, la valse des patrons au sein de la direction exécutive et l’échec de l’opération Gama-Diniz au Brésil, Lars Olofsson, PDG de Carrefour, reconnaît avoir commis des erreurs et veut «tirer les enseignements de ses échecs».
Une nécessité alors que le distributeur vient d’abandonner son objectif de croissance de résultat opérationnel courant (ROC) cette année. Il attend désormais une baisse de 15%, au-delà du recul de 8% prévu par le consensus. Au premier semestre, le ROC a chuté de 22% à 772 millions d’euros, pour une perte nette de 249 millions, après la comptabilisation de 884 millions de charges non récurrentes, dont 481 millions de dépréciations en Italie. Hier, le cours a perdu 0,46% à 18,56 euros.
Carrefour se fixe ainsi une nouvelle feuille de route. En France, «nous avons voulu livrer trop de batailles à la fois, et trop vite», avoue Lars Olofsson, reconnaissant une exécution de la stratégie «insatisfaisante», notamment en raison d’une surcentralisation. Aussi, le groupe veut passer d’une stratégie de gain de parts de marché à une politique axée sur la compétitivité prix, vecteur d’une augmentation durable du trafic.
Noël Prioux, patron France depuis la mi-juin, mettra en place les trois axes du plan «Reset». Primo, l’ajustement de l’organisation : davantage de responsabilités pour le directeur d’hypermarché, accent mis sur le non-alimentaire, réduction de 50% des ruptures de stocks avant la fin de l’année. Secundo, les investissements commerciaux seront recentrés sur les prix et non sur les promotions. Tertio, la marque Carrefour devra contribuer à 40% des ventes contre 25% environ en 2011. Si cette nouvelle stratégie devrait permettre de renouer avec une croissance durable et rentable, elle aura un impact négatif sur les ventes à court terme prévient Carrefour.
En raison de la crise en Europe du Sud, le groupe revoit légèrement à la baisse son programme Carrefour Planet, et décalera certaines conversions d’hypermarchés prévues pour 2011 en 2012. Quant aux activités brésiliennes (14% des ventes du groupe), elles ne sont pas à vendre, a clairement martelé Lars Olofsson.
Si le distributeur ne renonce pas à ses objectifs de gain aux achats et de réduction des stocks, il ne compte plus les atteindre en 2012, mais à moyen terme… En revanche, le programme de 1,9 milliard d’économies de coûts fin 2012 est toujours d’actualité.
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