Carrefour entame son processus de cession d’actifs non stratégiques

La vente de ses activités colombiennes pour 2 milliards d’euros devrait aider le distributeur à valoriser au mieux ses autres actifs
Bruno de Roulhac

En cédant à très bon prix ses activités colombiennes au chilien Cencosud, Carrefour se positionne au mieux pour vendre d’autres actifs en Europe de l’Est et en Asie. Cette opération met «en évidence la valeur cachée de certains actifs de Carrefour, en particulier dans les marchés émergents et pourrait déclencher la discussion sur des cessions d’actifs supplémentaires», anticipe Barclays.

En juin dernier, Georges Plassat, le PDG de Carrefour, avait évoqué une réflexion sur la Turquie et l’Indonésie, mais la Malaisie, la Pologne ou encore la Roumanie pourraient être vendus prochainement.

Oddo valorise les actifs susceptibles d’être cédés «entre 2 et 2,5 milliards d’euros, soit un impact additionnel d’environ 2 euros par action». CM-CIC valorise la Pologne à 1 milliard, l’Indonésie à 800 millions, la Turquie à 370 millions et la Roumanie à 560 millions. Conseillé par Credit Suisse, Carrefour a vendu ses activités en Colombie, pour une valeur d’entreprise de 2 milliards d’euros – la part de dette est négligeable, selon Carrefour – soit 1,3 fois le chiffre d’affaires, contre un ratio de 0,5 habituellement pratiqué rappelle Aurel BGC, et de 1,1 pour Exito, le numéro colombien. Le ratio revient à 18 fois l’Ebit 2012, contre 21 fois pour Exito, note Oddo.

Une valorisation particulièrement élevée, qui a permis au titre de rebondir vendredi de 5,85% à 18,35 euros. Mais «il convient de ne pas l’extrapoler aux autres actifs pouvant faire l’objet d’arbitrage de la part de Carrefour dans les prochains mois», ajoute Oddo. CM-CIC évaluait la Colombie à 1,35 milliard d’euros, Oddo à 1 milliard et Barclays à 700 millions.

Deuxième acteur en Colombie, mais avec seulement 22% de part de marché loin derrière les 42% d’Exito (contrôlé à 55% par Casino) et avec «des performances commerciales inférieures», selon Aurel BGC, Carrefour a préféré quitter ce marché, mais veut profiter du potentiel offert par l’Amérique latine grâce à sa présence au Brésil et en Argentine.

Carrefour consacrera le produit de la cession, d’une part au désendettement (la dette nette était de 6,9 milliards d’euros fin 2011), d’autre part à la mise en œuvre de sa stratégie de recentrage sur ses principaux pays et à fort potentiel. Natixis évaluait en juin de 600 millions à 1 milliard d’euros le coût de la rénovation du parc d’hypermarchés en France et en Europe, et de 400 millions à 1,1 milliard d’euros les réinvestissements tarifaires.

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