Carrefour bondit en Bourse après ses résultats
«Cette société doit travailler dans le silence», a lancé Georges Plassat, à l’occasion d’une conférence consacrée aux résultats semestriels de Carrefour. Le nouveau PDG du groupe, a longuement détaillé jeudi les voies d’un retour aux pragmatiques règles du commerce pour remettre le distributeur sur les rails, en se gardant de tout objectif chiffré, afin de ne pas commettre les erreurs de son prédécesseur Lars Olofsson. Le PDG, qui s’est donné trois ans pour redresser Carrefour, n’entend pas être jugé avant ce terme. Le groupe, échaudé après une série de «profit warnings» chèrement payés en Bourse depuis 2010, ne donnera donc plus d’objectifs et se contentera d’aviser les analystes si leurs prévisions devaient trop s'éloigner de la réalité.
Carrefour a vu son résultat opérationnel courant baisser de 8% au premier semestre et a d’ailleurs une nouvelle fois conforté les prévisions des analystes pour l’ensemble de son exercice. Le directeur financier, Pierre-Jean Sivignon, a ainsi indiqué lors d’une conférence téléphonique que le groupe restait «à l’aise» avec le consensus des analystes concernant le résultat opérationnel courant 2012, «dont la médiane se situe autour de 2,05 milliards d’euros». Il a également déclaré que la croissance se poursuivait dans les pays émergents et que la situation demeurait difficile en Europe du Sud, en particulier en Espagne.
Le résultat opérationnel est ressorti à 769 millions d’euros au premier semestre, un chiffre légèrement supérieur aux 709 millions attendus en moyenne par les analystes interrogés par Reuters et qui a été bien accueilli par le marché. Les analystes ont été surtout agréablement surpris par les résultats du groupe en France, qui a limité la baisse de son résultat opérationnel à 7%. «C’est un chiffre solide au regard de la baisse sous-jacente de 5% des ventes des hypermarchés», soulignent les analystes d’UBS.
De possibles changements de périmètre
Georges Plassat, très en verve, est revenu sur les grandes lignes d’une stratégie déjà évoquée devant les actionnaires en juin. A savoir la nécessité pour Carrefour de trouver des ressources supplémentaires pour pouvoir investir, via le désendettement, de laisser plus de marges de manoeuvre aux responsables des magasins, de réduire les frais généraux et, d’une façon plus générale, de retrouver le sens du client. Ayant écarté, pour le moment du moins, la possibilité d’une augmentation de capital, ces ressources supplémentaires pourraient être trouvées via des cessions d’actifs. Georges Plassat a évoqué de possibles changements de périmètre en Pologne, en Turquie ou en Indonésie, tout en réaffirmant l’importance pour Carrefour des marchés brésiliens et chinois. En matière de coûts, il a jugé impératif de faire la chasse au gaspillage et assuré qu’aucun autre plan de départs volontaires n'était prévu en plus de celui qui a été présenté mercredi aux syndicats et qui porte sur la suppression de 500 à 600 postes dans les sièges et les fonctions support.
A la Bourse de Paris, le titre s’offre un vif rebond et s’adjuge 8,38% à 17,07 euros vers 17h00, signant de loin la meilleure performance de l’indice CAC 40, qui recule de 0,86%. Depuis le 12 juillet, date de la publication de ses ventes semestrielles, le titre Carrefour a gagné 20% alors que l’indice sectoriel européen du secteur a pris 7%. La valeur n’accuse plus qu’une baisse de 2% depuis le début de l’année, tandis que son indice sectoriel progresse de 6,9% sur la période.
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