Campofrio se dirige vers une sortie de la Bourse de Madrid
Campofrio vit probablement ses derniers jours à la Bourse de Madrid. Le groupe américain Smithfield et Pedro Ballvé, le PDG de la société espagnole, réfléchissent à lancer ensemble une offre publique sur le charcutier, connu en France pour ses marques Cochonou, Justin Bridou, Jean Caby ou bien encore Aoste. Smithfield contrôle déjà 37% du capital. Pedro Ballvé en détient 12,8%. Lors de sa fusion avec Campofrio en 2008, ce qui explique sa présence au capital, l’américain Smithfield s’était engagé auprès des autorités boursières espagnoles à ne pas augmenter sa participation sans lancer d’offre publique. Cette opération doit permettre à Smithfield, premier transformateur mondial de porc, de renforcer ses positions en Europe et de se servir de l’espagnol comme base arrière pour tout le Vieux Continent.
Les deux associés n’ont toujours pas déposé d’offre formelle mais projettent de racheter les actions au prix de 9,5 euros, soit une prime de 15% par rapport au cours avant l’annonce de l’offre et de 30% par rapport à la moyenne des douze derniers mois. Selon Exane BNP Paribas, ce prix fait ressortir un multiple valeur d’entreprise sur résultat d’exploitation de 12,5 fois pour 2011, 36% de mieux que la moyenne des comparables de Campofrio. La prime par rapport au multiple cours de Bourse sur bénéfice estimé (19 fois) monte même à 64% selon le courtier, qui juge le prix «attractif».
Les deux partenaires expliquent que leur projet n’est pas encore totalement arrêté et que leurs discussions sont encore à un stade préliminaire. Cette prudence pourrait s’expliquer par la présence au capital du fonds Oaktree. Entré lui aussi lors de la fusion de 2008, Oaktree détient 24% des intérêts de Campofrio. Il n’a toujours pas fait part de son intention. Exane BNP Paribas estime son prix de revient par action, sans tenir compte des dividendes, à 8,8 euros par action. La proposition de Smithfield et de Pedro Ballvé lui offrirait donc une prime de 8%.
En attendant un accord définitif, la direction du groupe américain n’a pas encore arrêté le montage financier pour reprendre Campofrio mais a précisé qu’elle puiserait dans sa trésorerie une partie des 500 millions d’euros nécessaires. Le solde sera levé sur le marché, a-t-elle indiqué, afin de rassurer des investisseurs inquiets de voir Smithfield reprendre les acquisitions au risque de renoncer à son programme de désendettement.
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