Bumi engage un bras de fer pour évincer Nathaniel Rothschild
Nathaniel Rothschild est en disgrâce au sein de Bumi. Indra Bakrie, président du groupe minier, ainsi que son partenaire indonésien Samin Tan, détenant 29,9% du capital, ont convoqué la semaine dernière une assemblée générale extraordinaire afin de sortir l’investisseur de son poste de vice-président.
Dans la foulée, ils souhaitent également le départ du directeur général, Adi Hudaya, du directeur financier, Andrew Beckham, ainsi que de trois autres directeurs non exécutifs.
Chris Fong, le porte-parole de la famille Bakrie, indiquait que cette décision n’était pas personnelle, mais motivée par la volonté de «renforcer le comité avec un directeur général et un directeur financier dédié basé à Londres qui engendre une valeur plus importante pour les actionnaires». Cependant, même s’ils s’en défendent, les partenaires ont la dent dure, n’ayant pas digéré la lettre écrite l’an dernier par Nathaniel Rothschild appelant à une «nettoyage radical» de la gestion de PT Bumi Resources, filiale lourdement endettée du groupe.
Une décision néanmoins contestée par les investisseurs. Suite à cette annonce, le cours de l’action Bumi chutait de 6,5% à 795 pence sur le marché londonien, sa plus forte baisse en quatre mois. «Les investisseurs remettent une nouvelle fois en cause les engagements des principaux actionnaires de Bumi de maintenir la meilleure qualité de gouvernance» estime Lanang Trihardian, analyste chez Syailendra Capital à Jakarta.
Les actionnaires chercheraient même à faire revenir Indra Bakrie et Samin Tan sur leur décision avec une rencontre prévue dès cette semaine, selon le Financial Times qui cite un investisseur institutionnel de référence sans le nommer. S’il reconnaît l’erreur stratégique de Nathaniel Rothschild, il estime que «cela aurait dû être réglé à porte close» et la réaction d’Indra Bakrie et Samin Tan comme une revanche «inacceptable».
Quand Nathaniel Rothschild expliquait l’origine du nom de son véhicule d’investissement par lequel il a permis à Bumi de s’introduire sur le marché londonien, il ne se doutait sans doute pas de la bataille qui l’attendait. «Vallar était le nom de la pièce de monnaie donnée au soldat romain qui le premier forçait un camp ennemi et y survivait». L’autorité britannique des marchés, la FSA, a d’ailleurs évoqué le mois dernier son intention de durcir les règles d’entrée sur le FTSE.
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