Branle-bas de combat chez EDF face au mur de la dette
Le groupe songe notamment à accueillir de nouveaux partenaires pour le développement de son parc nucléaire au Royaume-Uni
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Benoît Menou
EDF n’entend pas rester les bras ballants face à une dette qui a atteint à ses yeux le seuil d’alerte. Au 30 juin dernier, l’endettement financier net de l’électricien a en effet atteint 39,7 milliards d’euros, 6,4 milliards de plus qu’à fin 2011. Surtout, ce nouveau montant représente 2,5 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) annualisé, ce qui est «la limite maximale que s’est fixée le groupe».
Ce dernier souligne que la progression de l’endettement cette année tient compte des effets de la prise de contrôle d’Edison, de l’allongement des délais de paiement en Italie ou de l’impact additionnel de la Contribution au service public de l’électricité (CSPE). EDF supporte seul cette taxe, destinée au financement des énergies renouvelables et dont le déficit cumulé (solde entre la charge et sa répercussion sur la facture des clients EDF) atteint 4,5 milliards à fin juin, 700 millions de plus qu’à fin 2011. Les discussions avec le gouvernement ont débuté «afin de trouver une solution» au sujet de ce fardeau.
L’électricien a également annoncé qu’il «reverra d’ici la fin de l’année 2012 sa trajectoire de coûts et d’investissements hors sûreté». Le directeur financier, Thomas Piquemal, a qualifié de «possible» une révision à la baisse de l’enveloppe d’investissements nets, prévue en deçà de 15 milliards d’euros en 2015.
Dans ce contexte, le dirigeant a évoqué l’hypothèse de l’arrivée de nouveaux partenaires au Royaume-Uni pour le développement de son parc nucléaire. Un projet aujourd’hui contrôlé à 80% aux côtés de Centrica et concernant quatre réacteurs. EDF pourrait «ouvrir un petit peu plus le capital» tout en conservant la barre, selon Thomas Piquemal. Le coût des deux réacteurs d’Hinkley Point est estimé à 10 milliards de livres. En mars dernier, les concurrents allemands EON et RWE ont abandonné un projet commun outre-Manche sous prétexte que le jeu n’en valait pas la chandelle.
EDF a en outre fait part hier de résultats semestriels en hausse et a confirmé ses objectifs à horizon 2015, passant par une hausse annuelle moyenne de l’Ebitda de 4 à 6% à données constantes. Sur le semestre écoulé, cet indicateur a progressé de 3,3% à 9,1 milliards d’euros, pour un chiffre d’affaires en croissance organique de 7,1% à 36,22 milliards soutenu notamment par une météo maussade en France.
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