Bouygues Telecom n’a pas trouvé son chevalier blanc
Bouygues Telecom ne peut compter que sur lui-même. Olivier Roussat, le PDG de l’opérateur, a admis hier que les discussions en vue d’un rapprochement avec Orange ou Iliad «n’ont pas abouti». «Notre projet c’est de faire un Bouygues Telecom qui vit durablement à quatre. Au présent, c’est le projet de Bouygues Telecom, je n’en ai pas d’autre», a-t-il ajouté sans plus de détails sur les raisons de l’échec des discussions avec ses concurrents.
Face à cette situation et sans perspective d’armistice proche dans la guerre des prix, Bouygues Telecom va une nouvelle fois adapter sa structure de coûts. Après le plan d’économies lancé fin 2011 qui a permis d’économiser 599 millions d’euros en deux ans, grâce notamment à 550 départs négociés, la filiale de Bouygues prévoit de supprimer 1.516 postes supplémentaires sur un total de 9.000, soit 17% de ses effectifs. L’informatique et le marketing seront les plus touchés. Des départs contraints ne sont pas exclus. Selon Olivier Roussat, ce nouveau plan permettra de réduire la base de coûts de 300 millions d’euros à l’horizon 2016. En cinq ans, au total, les charges annuelles auraient ainsi été diminuées de 900 millions d’euros, soit près du tiers de la base de 2011.
«Nous ne sommes pas un opérateur low-cost», s’est défendu Olivier Roussat. Le plan de transformation vise aussi à revoir le modèle de l’opérateur: plus simple dans le mobile, plus agressif dans le fixe autour de la nouvelle offre à 20 euros par mois. Une structure légère, à la Free, en quelque sorte. «Nous sommes capables de recréer à un horizon de deux-trois ans les conditions dans lesquelles nous étions jusqu’en 2012. C’est ça notre objectif», a assuré Olivier Roussat. Pour l’atteindre, Bouygues Telecom maintiendra ses investissements dans les réseaux, proche de 500 millions d’euros par an. De même, les effectifs des boutiques (2.500 personnes) et des relations avec les clients (2.000) seront préservés. Le groupe demandera aussi aux centres d’appels prestataires de relocaliser en France leurs prestations dans le mobile alors qu’elles avaient été délocalisées il y a deux ans dans le cadre du précédent plan d'économies.
Ces annonces ont réduit la spéculation qui entourait Bouygues depuis plusieurs semaines. Le cours a chuté hier 6,29% à 32 euros. Orange a plié de 3,29% et Iliad a perdu 6,81% à 221 euros.
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