Bouygues Telecom joue son avenir sur la 4G
On fait tapis.» Olivier Roussat, le PDG de Bouygues Telecom, ne cache pas l’importance de la 4G pour l’opérateur, profondément chamboulé par l’arrivée en janvier 2012 du nouveau concurrent Free Mobile. «Nous voulons reprendre l’initiative après une transformation violente», explique Olivier Roussat. Les économies, plus de 400 millions d’euros au total depuis le lancement du plan l’an dernier, ont atteint leur limite.
«Il faut maintenant relancer le chiffre d’affaires», insiste le PDG, alors que les revenus de l’opérateur ont chuté au cours des treize derniers trimestres. En deux ans, le groupe a quasiment perdu 400 millions d’euros de chiffre d’affaires trimestriel et près de 80 millions d’euros d’Ebitda.
Pour inverser la tendance, Bouygues Telecom mise sur l’étendue de son réseau 4G. A 63% de la population, la couverture est largement supérieure à celles de ses concurrents, notamment Orange qui prévoit d’atteindre 40% d’ici à Noël. «Grâce aux choix que nous avons fait durant l’été 2011, avant l’arrivée de Free Mobile et l’achat des nouvelles fréquences 4G, et grâce à nos investissements de 400 millions d’euros, nous disposons d’une avance de 12 à 18 mois sur nos concurrents», estime Olivier Roussat.
Un laps de temps que l’opérateur compte utiliser pour attirer le plus grand nombre de nouveaux clients, principalement en les prenant chez ses adversaires, persuadé que les nouveaux usages autorisés par la 4G, dix fois plus rapide que la 3G et souvent deux fois plus rapide qu’une connexion fixe par ADSL, créeront un avantage concurrentiel.
Mais en courant devant, Bouygues Telecom va se retrouver dans le viseur des poursuivants. Olivier Roussat n’exclut pas une riposte violente d’Orange qui, «historiquement, n’a jamais été numéro deux lors du lancement d’une nouvelle technologie» en France. Piqué au vif, et avec ses ressources financières, le premier opérateur français pourrait lancer une guerre des prix dans la 4G pour contrer la conquête de Bouygues Telecom.
Deux fois moins coûteuse pour un opérateur que la 3G, hors investissements, la 4G offre des gains de productivité. Mais une grande partie de ceux-ci sont déjà utilisés pour vendre les abonnements quasiment aux mêmes prix que ceux de la 3G. Une guerre tarifaire viendrait ainsi gripper le fragile cercle vertueux promis par cette nouvelle technologie. La partie de poker ne fait que commencer.
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