Bouygues et Vivendi profitent de leur accord dans la téléphonie
En attendant d’y voir plus clair sur ses impacts financiers, la Bourse a salué hier le partenariat à venir entre SFR et Bouygues Telecom. Les deux opérateurs ont annoncé lundi soir l’ouverture de négociations exclusives pour mutualiser une partie de leurs réseaux et réaliser ainsi des économies, alors que leur nouveau concurrent Free bénéficie de son accord d’itinérance avec Orange. Les actions des maisons mères des deux groupes, Vivendi et Bouygues, se sont adjugées respectivement 2,39% et 6,85% hier.
A ce stade, le périmètre de l’accord reste flou et les économies difficiles à évaluer. «Le fait que les négociations aient été si rapides entre SFR et Bouygues pourraient signifier selon nous des discussions portant essentiellement sur le partage d’équipements passifs, ce qui pourrait limiter le montant des synergies», estime Oddo Securities.
Dans son avis rendu le 11 mars sur l’accord d’itinérance de Free, l’Autorité de la concurrence a d’ailleurs bien balisé ce type de partenariat. Dans les zones denses, «la mutualisation d’installations passives comporte peu de risques concurrentiels puisqu’elle nécessite peu d'échanges d’informations et ne compromet nullement la capacité des opérateurs à se différencier», estimait-elle. «La mutualisation d’infrastructures actives ou RAN sharing - qui laisse aux opérateurs la possibilité de se différencier – suppose l'échange d’informations sensibles : elle doit être encadrée et en tout état de cause limitée. Elle paraît risquée dans les zones très denses», ajoutait l’autorité.
De son côté, le régulateur du secteur, l’Arcep, a rappelé hier que «l’accord devra permettre à la fois aux opérateurs de rationaliser leurs coûts tout en maintenant des conditions de concurrence satisfaisantes».
Pour Oddo, un accord sur le partage d’équipements passifs représenterait tout de même 15% des dépenses d’investissement et de maintenance des réseaux. «Selon nous, les capex et opex réseaux agrégés de SFR et Bouygues Telecom sont proches de respectivement 1 et 1,3 milliard par an. Les économies pourraient donc être de 350 millions d’euros par an», dont 60% pour SFR, calcule le courtier.
En termes de cash flow, Natixis évalue à 90 millions le gain pour Bouygues Telecom et à 160 millions pour SFR par tranche de 10% d’économies de capex et d’opex. En relatif, l’impact serait beaucoup plus fort pour la filiale de Bouygues.
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