Bourbon cherche une bouée financière
Pris à la gorge par une dette nette de 1,34 milliard d’euros, le Groupe Bourbon travaille à une levée de nouveaux financements pour tenter de desserrer le collier. Le groupe de services parapétroliers cherche à lever 100 à 150 millions d’euros de new money, a appris L’Agefi de plusieurs sources financières. «Le montant pourrait être relevé en fonction des marques d’intérêt», indique une des sources. La société est épaulée par la banque Lazard et par la société de conseil de Patrick Puy, spécialiste des restructurations et actuel PDG de Vivarte. Le Groupe Bourbon ne fait pas de commentaire.
Ce financement pourrait prendre la forme d’obligations convertibles à certaines conditions, ce qui permettrait à Jacques de Chateauvieux, l’actionnaire de référence, de garder le contrôle de Bourbon. Cet apport d’argent frais permettrait d’engager ensuite la restructuration de la dette bancaire et des leasings du Groupe Bourbon.
Risques de conflits d’intérêts
Engagée il y a quelques semaines, la levée de fonds se révèle toutefois plus complexe que prévu. Une grande partie des investisseurs contactés, essentiellement des hedge funds, n’ont pas souhaité donner suite, indique une source financière. Outre l’endettement du Groupe Bourbon et celui de sa société de contrôle Jaccar Holdings, qui a cassé ses covenants en 2016, un gérant de hedge fund explique que la «présence des mêmes banques dans les deux structures complique le dossier, avec des risques de conflits d’intérêts potentiels». Difficile en effet de casser la dette de la fille sans provoquer des dégâts sur celle de la mère, et inversement. Ce qui complique les prises de décisions.
Les banques sont aujourd’hui bloquées. La conciliation signée au début de l’été afin de mener les négociations de refinancement empêche les banques de céder leurs lignes de crédits sur le marché secondaire, ajoute une source. Certains hedge funds pourraient ainsi profiter de cette new money pour prendre position dans la structure de dette du Groupe Boubon en vue d’une possible restructuration dans les prochains mois.
La dette de Jaccar et de Mortiner, autre structure du groupe de Jacques de Chateauvieux, a été refinancée partiellement l’année dernière par l’émission de près de 900 millions d’euros d’obligations, dont environ la moitié sont libellée en dollars. Ces titres bénéficient de sûretés sur les actions Bourbon.
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