Bill Ackman sort avec fracas du capital de JC Penney
Bill Ackman arrête les frais. L’investisseur activiste, à la tête du fonds alternatif Pershing Square Capital Management, cède sa participation de 17,7% dans la chaîne américaine de grands magasins JC Penney. Il a confié à Citigroup le soin de placer un bloc de 39,1 millions d’actions sur le marché au prix de 12,90 dollars l’unité, ce qui lui permettra de récolter près de 500 millions de dollars. Mais, compte tenu d’un prix d’achat moyen estimé à 25 dollars l’action, essentiellement en 2010 et 2011, Bill Ackman essuiera une perte du même ordre.
Alors que dans sa dernière lettre aux investisseurs datée du 20 août, le gérant laissait encore planer le doute sur ses intentions, il a décidé de hâter la rupture avec le distributeur. Bill Ackman prend acte de l’échec de ses choix stratégiques, lui qui avait imposé Ron Johnson, venu d’Apple, à la tête de la direction générale en 2011. Moins de deux ans plus tard, le dirigeant prenait le chemin de la sortie, avec en prime l’affront d’être remplacé par son prédécesseur Myron Ullman.
Au deuxième trimestre, le groupe, qui compte 1.104 magasins, a enregistré une perte nette de 586 millions de dollars, tandis que le chiffre d’affaires est passé en glissement annuel de 3,02 milliards à 2,66 milliards de dollars. Quant au cours de Bourse, il a dégringolé de 32% depuis le début de l’année.
Dans ce contexte, la société basée à Plano, au Texas, entend préserver son indépendance. Son conseil d’administration a approuvé le 21 août le mécanisme d’une «pilule empoisonnée» pour une durée d’un an, empêchant tout investisseur de détenir plus de 10% du capital. Parmi les grands actionnaires de JC Penney figurent le fonds de George Soros (9,07%), State Street (8,07%) ou encore UBS (6,76%). Un autre investisseur activiste, Vornado Realty Trust, reste au capital avec une participation d’environ 6%.
Pour Bill Ackman, l’épisode JC Penney marque une nouvelle déconfiture dans le secteur de la distribution, après ses déboires avec le libraire Borders et le détaillant Target. Au cours de ces dernières semaines, l’investisseur a reporté son attention sur Herbalife, le distributeur de compléments alimentaires qu’il accuse de fonctionner sur un modèle pyramidal. Dans son courrier aux investisseurs, Bill Ackman estime que la «probabilité d’une intervention réglementaire agressive et opportune a augmenté de manière importante».
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