BHP pourrait opter pour un retour de cash aux actionnaires
BHP Billiton va devoir changer de stratégie après l’interdiction du rachat de Potash, pour 39 milliards de dollars, par le gouvernement canadien, qui explicitera sa décision début décembre. Même si le groupe anglo-australien dispose d’un délai de 30 jours pour organiser sa défense, le marché ne croit plus en cette opération. D’ailleurs, le titre BHP a rebondi hier de 6,58% à 2.430 pence à Londres, porté par la disparition du risque d’acquisition et d’emprunt. BHP avait obtenu 45 milliards de dollars de prêts en août dernier.
Désormais, le retour de cash aux actionnaires semble l’hypothèse la plus probable. D’ailleurs, l’assemblée générale de BPH plc a récemment renouvelé l’autorisation de rachat de 10% des titres.
Un tel rachat coûterait 22 milliards de dollars et serait relutif de 10% sur le bénéfice par action 2012, ajoute Credit Suisse. Morgan Stanley estime que le groupe pourrait dépenser jusqu’à 25 milliards de dollars en rachat d’actions sur les deux prochaines années. Pour Nomura, le rachat de Potash à 130 dollars par action serait relutif de 2% sur le BPA 2011, tandis qu’un rachat d’action du même montant serait relutif de 22%.
Pour financer ce rachat de titres, BHP dispose de 18 milliards de dollars de cash-flow opérationnel net, et d’un trésor de guerre de l’ordre de 11 milliards (8,4 milliards de trésorerie disponible et 3 milliards de crédit revolving non tiré).
Trois raisons militent pour le rachat d’actions: «d’une part des rendements élevés et un faible risque; nous estimons le taux de rentabilité interne moyen des rachats d’actions de 13% contre moins de 10% pour les fusions-acquisitions et 13% pour les projets greenfield, poursuit Credit Suisse. D’autre part la relution sur les bénéfices, avec une croissance de 6 à 7% des bénéfices par action pour 10% de titres rachetés. Enfin, les investissements pourraient retrouver leur niveau de croissance d’avant la crise, soit environ 50% du cash-flow opérationnel».
Le groupe minier pourrait aussi opter pour la distribution d’un dividende exceptionnel.
Mais comme l’avait déclaré son directeur général, Michael Yeager, en septembre dernier, BHP pourrait aussi utiliser ses réserves de cash pour se renforcer dans le pétrole et dans le gaz. D’aucuns donnent les noms des groupes australiens Woodside Petroleum et Oil Search.
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