Bertelsmann veut relancer le projet de fusion entre TF1 et M6 à moyen terme
L’assouplissement de la réglementation européenne pourrait autoriser Bertelsmann à réexaminer le projet de rapprochement entre la chaîne de télévision française M6 qu’il détient via RTL Group et sa concurrente TF1, a indiqué Thomas Rabe, le PDG du groupe audiovisuel allemand, lors d’un entretien au Financial Times publié mardi.
Thomas Rabe espère pouvoir relancer ce projet de fusion entre M6 et TF1 «d’ici deux à trois ans», à condition que les régulateurs adoptent «une approche plus ouverte» en matière de fusions et d’acquisitions. «Nous pourrons envisager de remettre un tel projet sur la table, lorsque les conditions législatives et réglementaires le permettront», a commenté une porte-parole du groupe diversifié Bouygues, propriétaire de TF1, contactée par l’agence Agefi-Dow Jones.
En réaction à ces propos, les actions TF1 et M6 ont grimpé de 1,7% et 2,65% respectivement, lundi.
Echec en 2022
En septembre 2022, TF1 et M6 avaient renoncé à leur projet de fusion initié en mai 2021, leurs maisons mères respectives Bouygues et RTL Group estimant que l’opération envisagée ne présentait plus de logique industrielle au vu des concessions demandées par l’Autorité de la concurrence en France. Cette dernière réclamait la vente de la chaîne TF1 ou de M6 pour autoriser le rapprochement des deux groupes.
Le mariage de la première et de la troisième chaîne du paysage audiovisuel français aurait donné naissance à un acteur réunissant plus de 30% de part d’audience et représentant près de 75% du marché publicitaire de la télévision. Selon les grandes lignes du projet, il était prévu que Bouygues, qui possède TF1, devienne le premier actionnaire du nouvel ensemble avec 30% des parts devant RTL Group (16%). Pour obtenir cette répartition, Bouygues prévoyait de racheter 11% de la nouvelle entité pour 641 millions d’euros auprès de RTL Group, avec qui le groupe diversifié aurait formé une action de concert.
En 2024, M6 et TF1 ont réalisé un chiffre d’affaires cumulé de 3,7 milliards d’euros. La capitalisation boursière des deux entreprises représentait un total de 3,6 milliards d’euros à la clôture de la Bourse de Paris jeudi.
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