Berlin nationalise l’ex-filiale allemande de Gazprom
Après Uniper, l’Allemagne va nationaliser l’importateur de gaz naturel Sefe, ex-Gazprom Germania, a annoncé lundi le ministère de l’Economie, une décision qui vise à éviter une faillite de l’entreprise et à exclure définitivement les intérêts russes de son capital. Unique actionnaire de Gazprom Germania, le groupe russe d’hydrocarbures avait annoncé, le 1er avril, qu’il avait retiré ses actifs de sa filiale. Sefe est pour l’instant placé à titre provisoire sous le contrôle de la Bundesnetzagentur (BNetzA), l’organisme de tutelle du marché allemand du gaz, et a bénéficié d’environ 10 milliards d’euros de lignes de crédit de la part du gouvernement fédéral.
Mais la société reste menacée de cessation de paiement, la chute des importations de gaz russe l’ayant forcée à se tourner vers des achats sur le marché au comptant, où les prix se sont envolés depuis l’invasion de l’Ukraine en février. Un arrêté comptable datant de fin août indique que Sefe compte un milliard de capitaux propres pour 3 milliards d’euros de dettes, signifiant qu’elle se trouve en situation de surendettement.
«Les partenaires commerciaux et les banques ont suspendu leurs relations d’affaires avec la société ou sont réticents à en nouer de nouvelles», a indiqué le ministère de l’Economie. Sa nationalisation en bonne et due forme est nécessaire pour assurer la poursuite de l’approvisionnement du pays en énergie, a poursuivi le ministère.
Feu vert de Bruxelles
En application d’une nouvelle loi sur la sécurité énergétique, celui-ci a ordonné une réduction du capital social de Sefe, ramené de 225,6 millions d’euros à zéro, ce qui revient à réduire à néant la valeur des parts de Gazprom. Sefe devra dans un second temps émettre de nouvelles actions pour le même montant, qui seront souscrites par l’Etat allemand. Bruxelles a déjà donné son feu vert à l’opération.
L’Allemagne prévoit aussi de porter à 13,8 milliards d’euros un prêt de la banque publique allemande KfW à l’entreprise, afin d’augmenter les fonds propres de celle-ci via un échange de dettes contre des actions. Ces mesures seront financées par le plan de soutien de 200 milliards d’euros décidé début octobre par Berlin pour protéger son économie face à la crise énergétique.
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