Auchan souffre lui aussi de la rupture de la consommation dans la zone euro
Carrefour n’est pas le seul à souffrir de la faiblesse de la consommation en Europe. Auchan, qui dit avoir constaté «une rupture dans les pays de la zone euro» mi-août 2011 après «un premier semestre en ligne avec les objectifs», ne doit la progression du bénéfice net (+14,9% à 801 millions d’euros) qu’à des éléments exceptionnels. La restructuration de son partenariat avec le chinois Ruentex, suivie de l’introduction à la Bourse de Hongkong de leur filiale commune Sun Art Retail, a généré 386 millions de plus-values comptables. Celle-ci a été compensée par la prime de 92 millions d’euros versés aux 269.000 salariés du groupe pour célébrer son 50e anniversaire. Sans ces éléments exceptionnels, le bénéfice net des activités poursuivies d’Auchan aurait chuté de 9% en 2011.
Au second semestre 2011, la croissance du chiffre d’affaires du groupe est retombée à 3% contre près de 6% durant la première partie de l’année. Pour l’ensemble de l’exercice, les revenus ont grignoté 4,4% à 44,3 milliards d’euros. Pour les hypermarchés français (15,2 milliards d’euros), représentant à eux seuls un tiers du chiffre d’affaires du groupe, les revenus annuels ont baissé de 0,6% à nombre de magasins comparables et hors effet essence, alors qu’ils étaient en très légère croissance au premier semestre.
Cette rupture estivale se ressent sur l’excédent brut d’exploitation, amplifiant l’effritement de 1,5% constaté au premier semestre. L’Ebitda annuel a plié de 5,5% pour revenir à 2,4 milliards, son niveau de 2009. Il s’agit de sa première baisse depuis cinq ans indique Auchan. La marge opérationnelle du groupe, à 5,35%, se situe entre celles de Carrefour (4,7%) et de Casino (6,6%), ses deux concurrents français cotés en Bourse.
Toutefois, malgré la baisse de 5,3% de sa capacité d’autofinancement à 1,7 milliard d’euros, le distributeur a réduit de 2,9% sa dette nette. A 2,2 milliards d’euros, elle représente un peu moins d’une fois l’Ebitda et 24% des fonds propres. Des ratios inférieurs à ceux de Casino (2,35 fois l’Ebitda) et de Carrefour (1,7 fois) qui valent à Auchan une notation «A» par S&P, contre «BBB-» pour Casino et «BBB» pour Carrefour. Auchan a émis 500 millions et 600 millions de dette obligataire en 2011, ce qui lui a permis de refinancer l’intégralité de ses échéances 2012 et 2013.
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