Auchan pourrait encore se renforcer en Europe de l’Est
De jour en jour, les rumeurs de rachat des hypermarchés Real par Auchan se font de plus en plus pressantes. Metro, le géant allemand de la distribution, cherche depuis longtemps à céder ses hypermarchés Real en Europe de l’Est, mais conserverait ses magasins sur son marché domestique et en Turquie. «Les magasins allemands [Real] qui dégagent une marge d’Ebit récurrente inférieure à 1% nous semblent invendables», note Oddo.
Real exploite 426 hypermarchés : 316 en Allemagne, 54 en Pologne, 25 en Roumanie, 18 en Russie, 12 en Turquie et 1 en Ukraine. L’an dernier, Real a dégagé 8,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en Allemagne (-0,1% en comparables) et 2,9 milliards en Europe de l’Est (-3% en comparables). La marge d’exploitation (Ebit) de Real ressort seulement à 1,2% (contre 3,6% pour l’ensemble du groupe Metro).
«Auchan nous semble crédible, ajoute Oddo. Auchan a, en effet, axé toute sa stratégie de développement à l’international sur l’Europe de l’Est et plus particulièrement sur la Russie». Contacté par L’Agefi, Auchan s’est refusé à tout commentaire sur cette opération comme sur sa politique de croissance externe en Europe de l’Est. Actuellement, Auchan exploite 116 hypermarchés en Europe de l’Est (Pologne, Hongrie, Roumanie, Russie et Ukraine) et 104 supermarchés en Pologne et Russie. Une zone sur laquelle le distributeur se renforce. Fin 2011, il n’y exploitait que 103 hypers et 90 supers.
«Le marché estime qu’un prix d’achat d’environ 900 millions d’euros serait réaliste, dont environ 200 à 300 pour les actifs immobiliers, et 500 à 600 millions pour l’activité opérationnelle», selon des sources financières citées par l’agence Reuters. Pour sa part, Oddo valorise les actifs de Real (hors Allemagne et Turquie) entre 1,1 milliard d’euros (approche par le chiffre d’affaires) et 640 millions (sur la base d’un multiple d’Ebit moyen de 13 fois), soit une valorisation moyenne de l’ordre de 910 millions pour l’exploitation et l’immobilier.
Avec 4 milliards de dette nette fin juin, soit un ratio d’endettement de 42,5%, et 1,3 milliard d’euros de trésorerie nette, le groupe de la famille Mulliez ne devrait pas peiner à financer une telle opération. En attendant, «si Tesco ne semble pas prêt à participer à la concentration en Europe de l’Est, d’autres semblent prêts à accélérer le mouvement», conclut CM-CIC.
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