AT&T redouble de prudence sur sa croissance pour l’exercice en cours
Longtemps considéré comme un eldorado par rapport à l’Europe, le marché américain des télécoms commence à perdre de sa superbe. Après le leader Verizon qui avait déçu la veille, c’est AT&T qui a annoncé hier soir une hausse trimestrielle de son chiffre d’affaires de seulement 2,5% à 33 milliards de dollars (26,2 milliards d’euros), contre un consensus de 33,2 milliards. Le bénéfice ajusté de 63 cents est également ressorti inférieur au niveau attendu de 64 cents.
Le deuxième opérateur mobile du pays a enregistré 785.000 nouveaux souscripteurs mensuels sur la période, à comparer à 1,52 million pour le leader Verizon. Plus inquiétant, les ventes moyennes d’AT&T ramenées au nombre de téléphones ont diminué de 8% d’un an sur l’autre, 7% de ses clients mobiles ayant opté pour l’achat d’un téléphone sans recourir à l’opérateur. Le numéro trois Sprint vient en outre d’annoncer une offre forfaitaire de 20 dollars par mois pour 1 gigabit de données, un volume trois fois supérieur à celui proposé par AT&T pour le même prix.
«On assiste désormais à une bataille purement tarifaire», relève Colby Synesael, analyste chez Cowen, en ajoutant qu’AT&T cherche en conséquence des relais de croissance à travers la domotique ou les services liés aux voitures connectés. Compte tenu de ce changement de comportement des consommateurs et des cessions d’actifs réalisées, AT&T table désormais sur une hausse comprise entre 3 et 4% de son chiffre d’affaires annuel, contre une progression de 5% auparavant anticipée.
A ces difficultés s’ajoute le bouclage plus ardu que prévu du rachat du fournisseur de télévision par satellite californien DirecTV, annoncé en mai pour 48,5 milliards de dollars. La commission fédérale des communications (FCC), qui régule le secteur, a en effet suspendu hier le délai de 180 jours qui s’applique normalement à l’examen de ce type d’opérations, afin de déterminer quels intervenants sont habilités à avoir connaissance des contrats de programmation.
Un porte-parole d’AT&T a indiqué que cette décision «ne remet pas en cause notre objectif de mener à bien cette transaction au cours du premier semestre 2015». Il n’en reste pas moins qu’après avoir entendu les arguments des diverses parties prenantes, la FCC mettra en place un nouveau cycle de réunions qui devrait rendre plus difficile le respect des délais initialement prévus.
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