ASML rachète un fournisseur afin de conforter sa révolution technologique
En dévoilant hier son projet de rachat de l’américain Cymer pour près de deux milliards d’euros, ASML a joué la carte de l’intégration verticale devant lui permettre de mieux maîtriser son avenir.
Le groupe néerlandais, numéro un mondial de systèmes pour semi-conducteurs, entend ainsi mettre la main sur un fournisseur stratégique dans le cadre de la technologie prometteuse des procédés lithographiques à l’ultra-violet extrême, destinée notamment aux smartphones et tablettes numériques. Cymer est à ce titre, selon ASML, un interlocuteur «de premier plan de sources de lumière lithographique utilisées pour fabriquer des semi-conducteurs avancés».
La technologie en jeu apparaît «vitale» selon l’acquéreur sur la voie de produits «ayant plus de fonctions à moindres coûts et plus économes en énergie». Les deux parties collaborent étroitement depuis plus d’un an et l’opération est une «évolution naturelle».
Le prédateur va lancer une offre amicale mixte sur la société californienne, à raison de 20 dollars et 1,1502 action ASML proposé pour un titre Cymer, le montant total de l’opération de 1,95 milliard d’euros représentant tout de même une prime de 72% sur le cours de clôture de la cible mardi soir. L’annonce de ce prix jugé élevé par les analystes a suscité une réaction boursière négative hier à Amsterdam. ASML espère finaliser la transaction, qui sera en partie financée par une augmentation de capital équivalant à un peu plus de 9% du capital actuel, au cours du premier semestre 2013.
En visant son fournisseur, ASML répond sans doute à l’amicale pression de ses principaux clients, qui se trouvent être depuis cet été des actionnaires de référence. Intel, Samsung Electronics et TSM (Taiwan Semiconductor Manufacturing) détiennent désormais 23% du capital du néerlandais et se sont engagés à participer ces prochaines années aux efforts de recherche et développement à hauteur de 1,4 milliard d’euros.
D’autant qu’ASML a publié hier des résultats trimestriels décevants, notamment en termes d’évolution du carnet de commandes (en repli séquentiel de 12% à 831 millions d’euros), dans la droite ligne du discours prudent d’Intel la veille. Confirmant son objectif d’un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros pour le trimestre en cours (1,23 milliard au trimestre écoulé, en baisse de 16% sur un an), ASML s’est refusé à établir des prévisions pour 2013.
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