Arkema perd un quart de sa valeur après une série d’avertissements
Réveil difficile pour Arkema. En une séance, le premier chimiste français a perdu plus d’un quart de valeur (-25,48%) à 51,73 euros, soit 1,1 milliard d’euros de capitalisation partis en fumée. Une chute consécutive aux violents avertissements lancés par le groupe sur ses résultats.
D’une part, Arkema n’espère plus qu’un excédent brut d’exploitation (Ebitda) proche de 800 millions d’euros cette année, alors qu’il tablait jusqu’alors sur une progression par rapport aux 902 millions de 2013. Le consensus FactSet ne tablait que sur 908 millions. D’autre part, les objectifs 2016, à savoir 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires (6,1 milliards en 2013) et 16% de marge d’Ebitda (14,8% en 2013) sont décalés d’un an, à 2017. Seuls les objectifs 2020 sont maintenus.
Arkema invoque à la fois des conditions de marché toujours difficiles dans les gaz fluorés, des volumes plus faibles qu’attendu dans les acryliques et des facteurs ponctuellement favorables dans les polyamides. En conséquence, l’Ebitda a chuté de 24,5% au deuxième trimestre et la marge de 3,2 points à 13,6%, très en dessous des attentes des analystes, alors que les ventes n’ont reculé que de 6,7%. Et Arkema prévient le marché que «l’environnement économique au second semestre devrait rester dans la continuité du deuxième trimestre, notamment dans les gaz fluorés et les acryliques». Néanmoins, d’autres chimistes se portent mieux. La veille, le belge Solvay avait annoncé une hausse de 1,4 point de sa marge au deuxième trimestre à 18,4%, et dit tabler sur une hausse de 7 à 9% de son Ebitda cette année.
Pour faire face à ce passage à vide, Arkema va renforcer le contrôle de ses frais fixes et variables, au-delà de son programme en cours, pour dégager 50 millions d’euros supplémentaires sur les trois prochaines années.
«Nous pensons que la confiance dans la communication du management va commencer à décliner, et la faible valorisation ne va pas les aider davantage», note Kepler Cheuvreux, après être passé d’achat à alléger sur le titre. 2014 sera une nouvelle année de transition, mais «2015 devrait connaître une accélération de la croissance soutenue par une contribution plus importante des projets organiques et des acquisitions, par les éléments de rebond identifiés sur les gaz fluorés et par les perspectives positives pour Arkema sur le marché du pétrole et du gaz», anticipe Thierry Le Hénaff, PDG du groupe chimique.
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