Arkema a hissé sa marge aux meilleurs standards du secteur
Cinq ans après sa scission par Total, Arkema fait partie des meilleurs élèves du secteur de la chimie. Entre 2005 et 2010, le groupe a multiplié par 2,2 son excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 355 millions d’euros à 790 millions, dont 440 millions directement attribuables à des progrès internes. Une amélioration encore plus visible au niveau de la marge d’Ebitda: celle-ci est passée de 6,2% à 13,4% en cinq ans, alors que dans le même temps, celle de ses concurrents comparables n’augmentait que de 0,9 point à 13,4%. Arkema a profité de ces progrès pour réduire sa dette. Elle est tombée à 94 millions d’euros fin 2010, soit 4% des fonds propres, contre 615 millions d’euros fin 2005 (31%). Des chiffres très largement supérieurs au consensus.
Cette transformation a déjà été intégrée par les marchés. Depuis son entrée en Bourse en 2006, le titre a progressé de 80%, portant la capitalisation boursière d’Arkema à 3,5 milliards d’euros. Pourtant, le consensus d’analystes reste encore fortement acheteur de la valeur, avec 73% d’opinions positives selon Bloomberg. «Nous pensons que la valorisation à 4,5 fois l’Ebitda estimé pour 2011 est tout simplement trop faible», indiquent par exemple les analystes de BoA Merrill Lynch.
Si la direction d’Arkema s’est voulue assez prudente hier, ne souhaitant pas encore donner d’indications chiffrées pour 2011, elle a indiqué que l’Ebitda du premier trimestre sera significativement supérieur à celui de la même période en 2010 (10,5%). Arkema «s’inscrit sur une tendance de croissance qui, avec l’appui de l’acquisition en cours des actifs de Total, le conduira vraisemblablement à connaître une nouvelle et forte hausse de ses résultats en 2011», estime CM-CIC Securities. Le groupe compte atteindre 15% de marge d’Ebitda en 2015.
Arkema dit rencontrer sur l’essentiel de ses lignes de produits des «goulots d’étranglement» en raison de la croissance de la demande des pays émergents et des réductions de capacité de production de ces dernières années. Toutefois, le groupe se dit en mesure de répercuter ces tensions sur ses prix de vente. L’an dernier, que ce soit dans la chimie industrielle ou les produits de performance, les hausses de tarifs passées par Arkema ont plus que compensé le surcoût des matières premières.
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