Arkéa veut sa part du marché des placements privés
Arkéa sort de sa relative discrétion sur le marché de la dette par placement privé. La banque a récemment participé, avec Kepler, à l’émission de 60 millions d’euros réalisée par le Groupe Soufflet, dans des conditions non dévoilées. «Nous avions déjà procédé à des opérations de ce type, mais elles étaient restées privées à la demande de l’émetteur», explique Hugues Bernard, directeur grands comptes et solutions financières d’Arkéa Banque entreprises et institutionnels.
Si les différentes réflexions de Place ont permis d’éduquer le marché, le directeur grands comptes d’Arkéa BEI reconnaît que l’un de ses rôles est encore d’informer les émetteurs «des attentes des investisseurs tout en s’assurant que la signature de l’entreprise puisse être validée par les prêteurs». Pour faciliter l’atteinte de cet équilibre, Arkéa peut participer de façon minoritaire au placement. «Cela permet de conforter l’entreprise face à des investisseurs qu’elle n’avait pas jusqu’à présent l’habitude de côtoyer. Cela rassure également les prêteurs de voir que la banque engage son bilan», explique Hugues Bernard. Le banquier ne souhaite pas préciser si Arkéa a participé au placement Soufflet.
La banque compte s’appuyer sur cet exemple pour accélérer le mouvement. «Nous avons plusieurs dossiers très avancés, à la fois sur les placements privés EuroPP et sur les fonds Novo», indique Hugues Bernard. Le Groupe Soufflet est l’un des meilleurs étendards du marché français de la dette par placement privé. Avant les 60 millions d’euros levés mi-mars, le groupe familial agro-industriel, connu pour ses activités de meunerie avec la marque Baguépi, avait déjà levé 100 millions d’euros fin 2012 via un EuroPP à 6 ans, avec un coupon de 4,25%, puis ajouté 20 millions d’euros quelques mois plus tard, au même taux mais avec une maturité légèrement supérieure.
Ces deux opérations avaient été réalisées par la Société Générale. Au total, le Groupe Soufflet a ainsi «désintermédié» 180 millions d’euros de dette, à la fois pour financer ses projets de développement et refinancer une partie de sa dette bancaire classique. Le programme pourrait encore être étendu.
{"title":"","image":"80879»,"legend":"Placements priv\u00e9s»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester