Areva va devoir gérer un capital encore plus hétérogène
Le gouvernement avait demandé que l’opération se fasse avant la fin de l’année. La volonté politique est respectée. Areva a officiellement voté hier son projet d’augmentation de capital qui doit lui permettre de renforcer ses fonds propres de 900 millions d’euros grâce à l’apport de 600 millions d’euros par Kuwait Investment Authority et de 300 millions par l’Etat. L’assemblée générale mixte des actionnaires a approuvé l’ensemble des résolutions présentées. La conclusion de l’augmentation de capital reste néanmoins soumise à l’obtention du visa de l’Autorité des marchés financiers, précise Areva.
Dans la pratique, l’opération va se dérouler en trois étapes. Dans un premier temps, la valeur nominale des actions ordinaires et des certificats d’investissement cotés à la Bourse de Paris sera divisée par dix, de 38 à 3,8 euros. Ensuite, Kia et l’Etat français souscriront à de nouvelles actions émises par Areva au prix unitaire de 32,5 euros. Enfin, pour éviter qu’ils ne soient dilués, les porteurs de certificats d’investissement pourront souscrire à de nouvelles actions de préférence, sans droit de vote, pour un montant total maximal de 38,31 millions d’euros. Ces actions de préférence seront vendues au prix de 32,17 euros ce qui valorise le droit de vote à 0,33 euro.
A l’issue de ces opérations, le capital d’Areva sera donc divisé en actions ordinaires, en certificats d’investissement et en actions de préférence (celles-ci ont remplacé les certificats d’investissement depuis la loi de 2005). Une hétérogénéité qu’Areva devra régler avant la cotation prévue de ses actions. Pour convaincre le fonds du Koweit d’investir dans le groupe de nucléaire, et dans le cadre d’un pacte d’actionnaires conclu pour dix ans, l’Etat s’est en effet engagé à coter Areva au premier semestre 2011. Pour mener à bien cette opération, les certificats d’investissement et les actions de préférence devront ainsi être reconstitués en actions ordinaires par l’apport des droits de vote aujourd’hui détenus par le Commissariat à l’énergie atomique.
Plusieurs solutions sont possibles, mais une offre d’échange sur ces titres sans droit de vote semble l’option la plus efficace selon plusieurs spécialistes. «La difficulté de l’exercice consistera alors à trouver la bonne parité pour limiter au maximum le risque de plainte des minoritaires», explique un banquier.
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