Areva reste dans le flou après Fukushima
Le spécialiste français du nucléaire a fait part hier après Bourse d’une baisse de son carnet de commandes au premier semestre, alors que les conséquences de la catastrophe nucléaire japonaise restaient «extrêmement difficiles à apprécier».
Ces annonces interviennent alors que Luc Oursel vient de succéder à Anne Lauvergeon à la présidence du directoire du spécialiste public du nucléaire, nomination qui a précédé la signature, lundi, d’un accord technique et commercial avec EDF.
«Les conséquences à plus long terme de (Fukushima) pour Areva sont en cours d’analyse. Elles pourront concerner toutes les activités du cycle du nucléaire et seront intégrées dans le plan stratégique qui doit être établi d’ici à la fin du second semestre», a souligné Luc Oursel, cité dans le communiqué.
«D’ici à la fin de l’année, le groupe poursuivra également ses efforts commerciaux, s’appuyant sur son expertise technique et ses technologies, tout en renforçant ses programmes de réduction des coûts et de contrôle de la génération de cash.»
Areva, qui avait bénéficié au premier semestre 2010 d’une plus-value de cession, a enregistré au cours des six premiers mois de 2011 un résultat net part du groupe de 351 millions d’euros (-58,4%) et des ventes de 3,99 milliards d’euros (-3,9%).
Son bénéfice opérationnel ressort à 710 millions (contre une perte de 485 millions), porté par un arbitrage de justice favorable de 648 millions, mais à seulement 62 millions hors éléments particuliers, en recul de 151 millions par rapport au premier semestre 2010.
Le carnet de commandes du groupe au 30 juin s'élève à 43,1 milliards d’euros, en baisse de 1,1 milliard par rapport à fin 2010 après l’annulation, dans les activités Mines et Amont, de 191 millions d’euros de commandes passées précédemment par des clients japonais et allemands.
Areva a en outre enregistré au 30 juin des provisions et dépréciations d’actifs dans son activité Réacteurs et Services pour 87 millions d’euros, en lien avec «le niveau d’activité prévisible à court terme» de certaines activités après Fukushima, et a vu son activité de recyclage reculer. Le groupe a fait savoir qu’il prendrait en compte les conséquences de Fukushima pour évaluer, au 31 décembre 2011, la valeur comptable de ses actifs.
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