Areva regarde de près la réorganisation du capital d’Urenco
Après plusieurs faux départs, la réorganisation du capital d’Urenco est ouverte. Le gouvernement britannique, qui ne cachait pas son envie de céder ses 33% au capital du numéro deux mondial de l’enrichissement d’uranium, a lancé le processus hier. La décision a été prise après accord du gouvernement néerlandais et des groupes allemands E.ON et RWE, qui se partagent le solde du capital, a précisé le ministère du Commerce britannique, conformément au traité d’Almelo à l’origine de la création d’Urenco en 1971. Londres a prévenu que la vente, totale ou partielle du bloc, n’aura lieu que si elle préserve la sécurité du pays et les principes de non-prolifération, et si elle est suffisamment lucrative. Le pays est conseillé par Morgan Stanley.
RWE et E.ON, à la tête de 33% du capital d’Urenco via leur holding Uranit, sont également officiellement vendeurs de leurs parts. Ils sont épaulés par BoA Merrill Lynch pour ce processus. En revanche, la position des Pays-Bas n’est pas encore arrêtée. La mise en vente de leur bloc de 33% fait débat depuis plusieurs mois dans le pays. Le changement de gouvernement l’an dernier a compliqué la situation. Auparavant conseillés par Credit Suisse, les Pays-Bas se sont depuis tournés vers ABN Amro.
Compte tenu du positionnement stratégique d’Urenco, peu d’acteurs sont en mesure de pouvoir reprendre ces participations. Areva fait partie de ceux-là. Les deux groupes travaillent déjà ensemble via une filiale commune dans l’enrichissement. «Si jamais il se passait des choses sur le capital d’Urenco, bien entendu, on serait amenés à s’y intéresser», a reconnu le mois dernier Luc Oursel, le président du directoire du groupe nucléaire français.
Areva est conseillé par Nomura. Le canadien Cameco, épaulé par Goldman Sachs, serait aussi sur les rangs, tout comme Westinghouse, la filiale de Toshiba. Plusieurs fonds, comme Apax, Carlyle ou l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada, regardent le dossier.
L’an dernier, Urenco a dégagé un Ebitda d’un milliard d’euros (+23%), pour 1,6 milliard d’euros (+29%) de chiffre d’affaires. Sur la base des multiples d’Areva ou de Cameco, soit entre 9,5 et 10,5 fois l’Ebitda, la valeur d’entreprise d’Urenco est estimée autour de 10 milliards d’euros. Si Areva dispose de 3,6 milliards d’euros de disponibilités (trésorerie nette et lignes de crédits non tirées), le groupe français aurait du mal à financer seul le rachat d’Urenco.
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