Areva peut encore patienter avant son augmentation de capital
Le gouvernement a confirmé à demi-mot le report probable de quelques mois de l’augmentation de capital d’Areva, initialement prévue pour la fin de cette année. «Notre volonté est de maintenir inchangé l’objectif d’ouverture du capital d’Areva», a déclaré hier François Baroin, le porte-parole du gouvernement, sans confirmer la date butoir de 2010. Vu la proximité de l’échéance, et compte tenu des négociations tendues avec les investisseurs potentiels, notamment le fonds du Qatar, le respect du calendrier relève de l’impossible.
«Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le business plan d’Areva. Mais les besoins du groupe sont essentiellement des investissements de moyen terme. Si l’augmentation de capital est décalée de 2010 à 2011, cela ne pose pas de problèmes de financement très graves», estime Pierre Boucheny, responsable de la recherche chez Kepler Capital Markets. Au 30 juin dernier, le groupe portait une dette nette de 5,15 milliards d’euros, soit 59% de ses fonds propres (8,67 milliards d’euros). Et la principale échéance du groupe, le remboursement de la dette de 2,1 milliards d’euros auprès de Siemens pour régler sa sortie de la division Areva NP, peut attendre jusqu’à juin 2012.
Reste que le conseil de politique nucléaire a fixé en juillet 2010 une feuille de route très précise à Areva. Le programme d’investissements, dont l’enveloppe initialement prévue s’élevait à 7-8 milliards d’euros pour la période 2010-2012, a été ramené à 6,5 milliards d’euros grâce à un programme d’optimisation des coûts d’achats. Mais avec des cash-flows négatifs attendus en 2010 et en 2011, et malgré les cessions d’actifs réalisées (3,8 milliards d’euros) ou à venir, Areva ne pourra pas se passer d’une levée de fonds d’au moins 2 milliards d’euros. C’est d’ailleurs l’une des conditions fixées par S&P en juin lors de la dégradation de la note de A à BBB+ avec perspective stable.
Comment trouver ces fonds ? Pour les analystes d’Oddo, «l’entrée de partenaires stratégiques, telle qu’initialement prévue, semble encore la solution la plus simple». Mais compte tenu des embûches politiques, et de l’intérêt d’EDF et d’Alstom à ne pas voir arriver des industriels étrangers au capital d’Areva, l’idée d’une mise en Bourse d’une partie du capital ressurgit. Se poserait alors la question de la valorisation. «Les investisseurs potentiels qui ont eu accès au dossier se montrent frileux. Ce n’est pas très encourageant», reconnaît un analyste.
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