Areva perd de son crédit aux yeux des investisseurs
Les marchés s’attendaient à un accès de faiblesse d’Areva au premier semestre, mais pas de cette ampleur. L’action du groupe de nucléaire, déjà en baisse de 18% depuis le début de l’année avant la publication des résultats du 1er août, a plongé de 19,47% vendredi. Une sanction qui s’explique par une lourde perte au titre du premier semestre 2014 et à une révision drastique des prévisions du groupe, notamment en matière de cash flows.
Le spécialiste public du nucléaire, qui subit la demande limitée de la part de ses clients électriciens, prévoit désormais pour 2014 une baisse organique de ses ventes de 10% (contre -2% à -5% auparavant), ainsi qu’une marge d’excédent brut d’exploitation d’environ 7% du chiffre d’affaires, contre 11,3% précédemment. Areva, dont l’Etat français contrôle directement ou indirectement près de 87% du capital, invoque un «décalage» de certains grands investissements dans le parc nucléaire français, une «conjoncture de marché plus difficile qu’anticipée» dans les services à la base installée, et des délais dans le lancement de projets de nouvelles centrales à l'étranger.
Areva vise également un cash flow opérationnel libre avant impôts «proche de l'équilibre» pour cette année, alors qu’il devait être «positif» auparavant. Cet indicateur de sa capacité à autofinancer ou non son développement, précédemment attendu en croissance «significative» en 2015-2016, est désormais prévu «proche de l'équilibre en 2015 et nettement positif en 2016». Il atteint 71 millions d’euros (contre -158 millions) au premier semestre.
Ces objectifs 2015-2016 laissaient cependant sceptiques vendredi un certain nombre d’analystes. Ceux d’Exane BNP Paribas craignent que les mauvais résultats d’Areva ne mettent en cause sa note de crédit, qui se situe à BBB- chez S&P, soit un cran au-dessus de la catégorie spéculative.
Les investissements (capex) seront ramenés à 1,1 milliard d’euros cette année au lieu de 1,3 milliard. Le groupe dit avoir sécurisé un objectif d'économies de 1 milliard d’euros pour 2015, relevé à 1,2 milliard pour 2016. Dans ces conditions, en l’absence de nouvelles cessions d’actifs, la dette du groupe ne commencerait à baisser qu’en 2016.
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