ArcelorMittal fait le grand nettoyage dans ses comptes
Le ralentissement persistant de la consommation d’acier en Europe va obliger ArcelorMittal à passer une dépréciation de survaleurs de 4,3 milliards de dollars (3,3 milliards d’euros) au quatrième trimestre 2012. Le premier sidérurgiste mondial a en effet constaté «une diminution de 8% de la demande dans la région cette année, ce qui porte à environ 29% son repli cumulé depuis 2007». Le contraste est particulièrement net avec la sidérurgie américaine, où «un rebond de presque 8% de la demande en 2012 a limité la baisse cumulée à 10% en 5 ans», souligne le groupe.
Des détails sur la répartition de ces dépréciations devraient être apportés lors de la présentation des résultats annuels le 6 février prochain. ArcelorMittal souligne que cette charge comptable sera «sans effet sur les principaux indicateurs du groupe comme sa dette nette et son excédent brut d’exploitation», et qu’elle n’affectera pas ses covenants bancaires.
Sur la base de l’exercice 2011, ces dépréciations représentent «environ 34% des survaleurs totales» au bilan de l’aciériste, relèvent les analystes de Bankia. Ceux de Citigroup ajoutent que sur 4,97 milliards de dollars de survaleurs afférentes aux activités européennes, la valeur résiduelle du goodwill «sera inférieure à 700 millions», ce qui signifie que 86% des survaleurs des sociétés européennes du groupe auront été dépréciées.
Si elles n’entraînent aucune sortie de trésorerie, ces dépréciations, consécutives à une révision en baisse des anticipations de cash-flow, reflètent les difficultés structurelles de la sidérurgie européenne qui se traduisent par des réorganisations de grande ampleur. ArcelorMittal envisage ainsi de supprimer plus de la moitié des effectifs dans une aciérie bosniaque employant 2.600 personnes, cette unité ayant la productivité la plus faible des usines du groupe en Europe.
Les perspectives plus modestes que prévu du secteur ont d’ailleurs conduit Fitch à abaisser en fin de semaine dernière la note de crédit du sidérurgiste en catégorie spéculative, S&P et Moody’s ayant pris une décision similaire au cours des derniers mois. Cet abaissement d’un cran (de BBB- à BB+) est assorti d’une perspective «stable», l’agence estimant que le groupe «va poursuivre ses cessions d’actifs afin de réduire sa dette».
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Tchao PantinAvec Rima Hassan et Bally Bagayoko, la « Nouvelle France » avance désormais sans Jean-Luc Mélenchon
Lors d’un meeting-concert dédié à la Palestine, qui avait lieu mercredi soir à Strasbourg, l’eurodéputée et le maire de Saint-Denis ont prouvé qu’ils n’avaient plus besoin du paterfamilias de LFI pour « abattre la citadelle » -
LogementLes propriétaires immobiliers enfin gagnants ?
Chose promise, chose due, le projet de loi Relance logement propose d’assouplir les conditions pour bénéficier du dispositif défiscalisant Jeanbrun. Il relâche aussi la pression sur le calendrier DPE d’interdiction de location -
Droit dans le murLogement : une loi pour bâtir plus vite, vraiment ?
Le grand projet de loi Relance logement, qui sera présenté mercredi 24 juin en Conseil des ministres et que l'Opinion a consulté, promet encore et toujours de simplifier les normes pour construire dans des délais plus brefs