Apple puise dans son trésor de guerre pour mieux rémunérer ses actionnaires

Le versement de 45 milliards de dollars sur 3 ans via des dividendes et des rachats d’actions éloigne la perspective d’une acquisition majeure
Yves-Marc Le Reour

Six mois après la disparition de son fondateur Steve Jobs, Apple a décidé d’accorder une place plus importante à la rémunération de ses actionnaires sous la houlette de son directeur général Tim Cook. Pour la première fois en dix-sept ans, l’entreprise californienne va renouer à partir de l’été prochain avec la distribution d’un dividende trimestriel de 2,65 dollars par titre, avant de lancer fin septembre un programme de rachats d’actions de 10 milliards de dollars (7,6 milliards d’euros) sur 3 ans. Au total, c’est environ 45 milliards de dollars que devrait dépenser le groupe américain d’ici à fin 2015.

Avec un flux de trésorerie de 16 milliards de dollars dégagés au dernier trimestre et des liquidités frôlant 98 milliards à fin décembre, le concepteur de l’iPod, de l’iPhone et de l’iPad est parfaitement en mesure de supporter cet effort. Il est à noter que pour des raisons fiscales, le groupe aura uniquement recours à sa trésorerie amassée aux Etats-Unis (environ 34 milliards à fin décembre) pour financer le versement de ces dividendes et des rachats d’actions.

«Même avec ces investissements, nous pouvons garder un trésor de guerre pour des opportunités stratégiques et avons plein de liquidités pour mener nos affaires», souligne Tim Cook qui se réjouit de participer «à un marché très vaste et en croissance». Il ajoute que ces initiatives contribueront à élargir la base d’investisseurs du groupe, en l’ouvrant à ceux qui privilégient les valeurs de rendement. Ce rendement sera initialement limité puisqu’il ressortira à 1,8% au cours actuel de l’action qui a progressé de 47% depuis janvier.

«Nous pensons que c’est une première étape et que cela pourrait être considérablement amplifié à l’avenir», jugent les analystes de FBN Securities. Ceux de Jefferies estiment que cette décision éloigne la perspective d’une opération de croissance externe de grande ampleur, «même si Apple garde assez de cash aux Etats-Unis pour des opérations plus petites». Des rumeurs avaient récemment émergé sur la possible entrée d’Apple au capital du site de microblogging Twitter.

Traditionnellement conservateurs dans leur gestion du cash dans un secteur où l’innovation doit passer au premier plan, la plupart des grands groupes technologiques américains comme Cisco, Intel, Microsoft, IBM ou Oracle distribuent désormais un dividende, à l’exception de Google qui n’a pas encore sauté le pas.

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