Andrea Bonomi porte un peu plus haut la bataille avec Fosun pour la reprise du Club Med
La bataille pour la reprise du Club Med s’accélère à grands pas. Quatre jours après la surenchère de Gaillon Invest II (Fosun et ses partenaires) à 23,50 euros par action, Global Resorts (Andrea Bonomi) riposte en offrant 24 euros par titre. Comme son adversaire, il s’est contenté du relèvement minimum de 2%. En revanche il a été beaucoup plus rapide, alors que l’AMF lui avait laissé jusqu’au 17 décembre.
Très réactif, le régulateur a fixé à Fosun une nouvelle date butoir au vendredi 19 décembre 18 heures. Le marché attend un nouveau rebondissement, l’action gagnant vendredi 2,18% à 24,32 euros. Si Fosun pourrait se contenter de monter à 24,50 euros, il se devrait de ne pas attendre ce terme. D’autant que le PDG du Club, Henri Giscard d’Estaing, partenaire de l’offre de Fosun, s’est plaint de «l’interminable surenchère». Le vice-président du conseil, Georges Pauget, avait déclaré en octobre qu’une surenchère «serait inopportune».
«Confiant» dans son offre, Andrea Bonomi garde le même cap stratégique depuis fin juin : une expansion équilibrée à l’international et un maintien d’une offre trois tridents, un programme d’investissements plus important (150 millions d’euros de plus que le plan actuel sur 2015-2018), un renforcement significatif en France, et une politique RH qui ne prévoit aujourd’hui aucun plan social. «Le Club a besoin de se réinventer, dans ses modes d’hôtellerie et dans ses destinations», a expliqué Serge Trigano (PDG du Club de 1993 à 1997), qu’Andrea Bonomi compte nommer président non exécutif.
La structure capitalistique évolue. En plus d’Investindustrial, holding d’Andrea Bonomi, et de ses partenaires le sud-africain Sol Kerzner, GP Investments (troisième groupe hôtelier au Brésil) et le management de PortAventura, Global Resorts accueille KKR, qui pourrait prendre au maximum 40%. La surenchère est intégralement financée en fonds propres et la dette d’acquisition reste à 270 millions d’euros, a précisé Andrea Bonomi, rappelant qu’un éventuel dividende n’était pas nécessaire pour rembourser la dette.
«Nous sommes plus long terme que le private equity, et notre horizon de temps moyen est habituellement de sept ans, comme pour KKR» répète Andrea Bonomi en réponse aux critiques du camp adverse. Pour agir dans le calme, Andrea Bonomi, qui détient déjà 18,9% du capital, a l’intention de retirer le Club de la cote avant de le réintroduire quand «la situation sera plus stable».
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