VanEck cote un ETF dédié à l’infrastructure physique qui entoure le développement de l’IA

VanEck cible l’infrastructure physique de l’IA, alors que les dépenses mondiales en data centers devraient dépasser 750 milliards de dollars cette année.
Data center
Mars 2024, lancement du Data Hub, la Digital Finance Platform de l'Union européenne  -  Photo AdobeStock

VanEck a lancé le VanEck Data Center Supply Chain ETF, coté sur le CBOE sous le ticker RACK.

Le fonds vise à répliquer l’indice MarketVector Data Center Supply Chain (MVRACK), un indice qui sélectionne des sociétés cotées aux États-Unis réalisant au moins 50 % de leurs revenus dans les activités liées à l’infrastructure d’IA et au développement de centres de données.

Un pari sur la couche physique de l’IA

Jusqu’ici, l’essentiel des flux d’investissement thématiques liés à l’intelligence artificielle s’est concentré sur les éditeurs de modèles, les plateformes cloud et les développeurs d’applications.

RACK opère une bascule de perspective : il mise sur les entreprises qui fournissent l’infrastructure matérielle sans laquelle aucun modèle ne peut fonctionner, serveurs, puces, mémoire, équipements réseau, systèmes d’alimentation et de refroidissement.

La chaîne d’approvisionnement ciblée couvre cinq segments distincts. Les semi-conducteurs et la mémoire d’abord, les unités de traitement graphique (GPU), les accélérateurs, les mémoires vives DRAM et mémoires à large bande passante, qui constituent le cœur du calcul pour l’entraînement et l’inférence des modèles.

Les réseaux et serveurs ensuite, nécessaires pour interconnecter les grappes de calcul et assurer des transferts de données efficaces entre installations.

L’alimentation et le refroidissement représentent un troisième segment en forte tension : les centres de données à haute densité exigent des systèmes thermiques avancés, notamment le refroidissement liquide, devenus indispensables à mesure que la densité de puissance des racks progresse.

L’indice intègre également les infrastructures de réseau et d'énergie, transformateurs, sous-stations, production hors réseau, stockage d'énergie, ainsi que les opérateurs et propriétaires de centres de données eux-mêmes.

Des goulots d'étranglement qui s’accumulent

Le lancement intervient dans un contexte de tension croissante sur l’ensemble de la filière. Les délais de livraison des transformateurs électriques atteignent désormais deux à quatre ans dans certains segments du marché, reflet d’une demande en énergie des centres de données américains qui s’emballe.

Cette pression sur les réseaux électriques ouvre de nouveaux segments d’investissement jusqu’ici peu associés à l’IA : services publics, énergie nucléaire, équipements de réseau et technologies de gestion thermique.

La plupart des plus de 11.000 centres de données enregistrés dans le monde ne sont pas encore impliqués dans des activités liées à l’IA. Leur consommation électrique cumulée (hors cryptomonnaies) représente environ 1 % à 1,5 % de la consommation mondiale totale, selon un rapport de l’AIE publié mi-2024.

Cependant,la demande énergétique des centres de données pourrait évoluer considérablement dans les années à venir, du fait de la diffusion de l’IA. Selon une analyse de Barclays Research datant de juin 2024, la demande annuelle d'électricité pour les centres de données aux États-Unis pourrait croître de 14 % à 21 % par an jusqu’en 2030.

Cela impliquerait que la demande des centres de données américains triplerait quasiment d’ici 2030, passant de 150-175 térawattheures (TWh) en 2023 à près de 560 TWh, soit l'équivalent de 13 % de la demande actuelle d'électricité aux États-Unis.

Mais les États-Unis ne seront certainement pas les seuls à se développer. Les préoccupations liées à la souveraineté des technologies d’IA inciteront probablement tous les pays à le faire.

Des perspectives de croissance

Les projections en circulation donnent la mesure du cycle en cours. Les cinq principaux hyperscalers devraient consacrer collectivement environ 750 milliards de dollars aux infrastructures d’IA cette année.

McKinsey évalue quant à lui entre 5.200 et 7.900 milliards de dollars le total des investissements mondiaux dans les infrastructures de centres de données liées à l’IA d’ici 2030, la capacité mondiale devant presque tripler sur la période.

D’après Fortune Business Insights, la taille du marché mondial des infrastructures d’IA distribuée était évaluée à 236,40 milliards de dollars en 2025. Le marché devrait passer de 274,17 milliards de dollars en 2026 à 819,93 milliards de dollars d’ici 2034, avec un taux de croissance annuel composé de 14,7 % au cours de la période de prévision.

Ce qui distingue le cycle actuel des précédents supercycles technologiques, c’est précisément son caractère transversal. C’est un déploiement coordonné d’infrastructures qui met simultanément sous tension des secteurs aussi éloignés que la métallurgie des transformateurs et la conception de puces avancées.

« Les discussions autour de l’IA se sont souvent concentrées sur les applications et les logiciels, mais l’ampleur de l’infrastructure nécessaire à son adoption devient de plus en plus cruciale, estime dans un communiqué Nick Frasse, chef de produit chez VanEck. On assiste actuellement à un déploiement industriel à grande échelle, bien plus qu'à un cycle de vie logiciel traditionnel, touchant aux semi-conducteurs, aux systèmes énergétiques, aux technologies de refroidissement et aux équipements électriques. »

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