America Movil s’appuie sur Telekom Austria pour se développer en Europe
America Movil semble avoir appris de ses erreurs. Loin de la posture agressive qu’il a pu adopter vis-à-vis de l’opérateur néerlandais KPN, le groupe de Carlos Slim a opté pour une tactique nettement plus amicale avec Telekom Austria. Via sa filiale Carso Telecom, le géant mexicain a scellé un pacte d’actionnaires avec Österreichische Industrieholding AG (OeIAG), l’agence des participations de l’Etat autrichien.
Cette alliance nouée pour dix ans prévoit qu’OeIAG conserve une minorité de blocage de 25% plus une action et choisisse le président et le directeur général de Telekom Austria. La holding détenait au 17 mars 28,4% du capital de l’opérateur, tandis qu’America Movil en possédait 26,8%.
Leur participation cumulée excédant les 30%, les deux partenaires sont tenus de lancer une offre de rachat des minoritaires. A 7,15 euros par action, la proposition représente un montant total de 1,41 milliard d’euros compte tenu d’un flottant équivalent à plus de 198 millions de titres. L’action Telekom Austria a clôturé hier en hausse de 6,30% à 7,07 euros, faisant ressortir une capitalisation de 3,13 milliards d’euros.
«L’offre d’America Movil est très généreuse», estime Usman Ghazi, analyste chez Berenberg, dans une note à ses clients. «Certains des principaux marchés d’Europe centrale et orientale sur lesquels Telekom Austria opère sont caractérisés par un mélange de récession, d’hyper inflation et de risques de change. L’activité sur son marché domestique génère en outre une marge de flux net d’exploitation qui est inférieure de moitié à celle du secteur», ajoute-t-il.
L’accord permet néanmoins au groupe mexicain de consolider son développement à l’échelon européen. Hormis l’Autriche, Telekom Austria est implanté en Bulgarie, Croatie, Serbie, Macédoine, Liechtenstein et Slovénie. A fin 2013, le groupe comptait 2,6 millions d’abonnés à la téléphonie fixe, 20,1 millions d’abonnés à son offre mobile.
L’an dernier, il a affronté un environnement difficile marqué par de fortes pressions réglementaires ; le chiffre d’affaires a reculé de 3,4%, à 4,1 milliards d’euros, et l’Ebitda (à données comparables) s’est replié de 11,6%, à 1,28 milliard d’euros. Une amélioration du résultat financier a néanmoins favorisé un accroissement du bénéfice net (+5,5% à 109,7 millions d’euros).
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