Amber tire à boulets rouges contre la gouvernance de Lagardère
Le « problème fondamental du groupe Lagardère est la gouvernance », a lancé Joseph Oughourlian, le fondateur et dirigeant d’Amber Capital, lors d’une conférence avec des journalistes. Le fonds d’investissement britannique a annoncé jeudi matin vouloir remplacer huit membres du conseil de surveillance du groupe de distribution spécialisée et de médias.
Actionnaire de Lagardère depuis 2016, Amber Capital est devenu ces derniers mois le premier actionnaire du groupe avec 16,4% du capital. Au départ, « nous avons eu un dialogue constructif avec le management » pour modifier la structure de conglomérat de Lagardère, a reconnu Joseph Oughourlian mais, selon lui, l’exécution du plan a été « lamentable », regrettant la lenteur de certaines cessions d’actifs et leur destruction de valeur.
« Face à cette destruction de valeur constante, nous avons cherché à nous engager un peu plus auprès de la direction, mais cela a tourné au dialogue de sourds et le management s’est montré de plus en plus hostile », a ajouté le fondateur d’Amber, évoquant notamment les actions en justice engagée par le groupe Lagardère.
Face à cette situation, « nous nous sommes dit que nous devions repartir de quelque part et cela doit partir du conseil de surveillance », a expliqué Joseph Oughourlian. « Ce vote est un référendum sur la commandite, sur la gestion de ces 17 dernières années, sur l’opacité de la structure », a lancé Joseph Oughourlian.
Le fonds activiste a confirmé qu’il voterait en faveur de la nomination au conseil de surveillance de l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, et de Guillaume Pepy, ancien PDG de la SNCF, récemment cooptés au conseil de Lagardère. « Ce sont deux profils fantastiques, deux personnes de très haut niveau », a indiqué le dirigeant d’Amber, ajoutant que « Nicolas Sarkozy et Guillaume Pepy sont vertébrés et cérébrés ce qui n’est pas le cas du reste du conseil de surveillance qui ferme les yeux depuis 10 ans ». « Guillaume Pepy connait très bien le métier travel retail du fait de son expérience à la tête de la SNCF », a notamment expliqué Patrick Sayer, l’un des candidats proposés par Amber et destiné à prendre la présidence du conseil de surveillance s’il est élu.
Concernant ses chances de succès, le dirigeant d’Amber « ne veut pas être trop optimiste, mais même si je n’étais pas un actionnaire attentif à ce genre de sujet je me dirais pourquoi ne pas essayer autre chose ». « Si on suppose que le Qatar », deuxième actionnaire de Lagardère et soutien historique d’Arnaud Lagardère, « vote contre, on aura 20% contre nous. Nous, nous avons 12% des droits de vote, donc nous ne serions pas si loin que cela du Qatar ». « La bataille ne fait que commencer », a lancé Joseph Oughourlian.
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