Amazon est condamné par la justice à restreindre ses activités
La justice française a sommé mardi Amazon de restreindre son activité dans l’Hexagone aux seules «marchandises essentielles» sous 24 heures, le temps qu’une évaluation des risques professionnels puisse être menée, a annoncé l’organisation Union syndicale solidaires. Le groupe en avait pourtant fait l’annonce fin mars, qui celle-ci ne fut guère suivie des faits.
Le tribunal judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine), dont dépend son siège français de Clichy-la-Garenne, vient d’ordonner au géant américain du e-commerce de «restreindre l’activité de ses entrepôts aux seules activités de réception des marchandises, de préparation et d’expédition des commandes de produits alimentaires, de produits d’hygiène et de produits médicaux», indique-t-il dans sa décision, citée par Maître Judith Krivine, conseil du syndicat, lors d’une conférence téléphonique. Cette décision, en les listant noir sur blanc, restreint les «marchandises essentielles» qu’Amazon a le droit de vendre sur son site en France, durant la pandémie du coronavirus.
Autre point marquant, le secteur des livres, extrêmement rentable pour Amazon, n’y figure plus, ce que n’a pas manqué de constater le site spécialisé ActuaLitté.
Le tribunal judiciaire avait été saisi mercredi dernier par l’organisation syndicale - qui réclamait à titre principal la fermeture des six entrepôts français du géant du e-commerce. Il a assorti sa décision d’une astreinte d’un million d’euros par jour de retard ou par infraction constatée.
Depuis plusieurs semaines, des organisations syndicales réclament l’interruption des activités du groupe de e-commerce dans l’Hexagone, jugeant insuffisantes les mesures mises en place par Amazon pour protéger ses salariés. L’inspection du Travail a procédé au début du mois à des contrôles sur les sites d’Amazon qui ont donné lieu à cinq mises en demeure.
La question de la sécurité sanitaire de l’entreprise est aussi au cœur des discussions en Italie et aux Etats-Unis.
Amazon estime pour sa part avoir mis en place les dispositions nécessaires, notamment la prise de température de ses salariés à l’entrée de sites, la mise à disposition de masques et de gel hydroalcoolique et des marquages au sol pour respecter une distance de sécurité. Le distributeur en ligne a également promis de limiter son activité aux «produits essentiels», une mesure qui ne se traduit cependant pas dans les faits selon des représentants syndicaux.
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