Alyzia, filiale d’ADP, serait valorisée environ 100 millions d’euros

Le gestionnaire aéroportuaire confirme une cession possible de sa filiale spécialisée dans l’assistance en escale et la sûreté des aéroports
Yves-Marc Le Reour

Aéroports de Paris (ADP) a confirmé hier qu’il avait «engagé une réflexion sur la cession majoritaire éventuelle de sa participation au capital de la société Alyzia Holding», qui regroupe ses activités d’assistance en escale aux compagnies aériennes et de sûreté aéroportuaire. Réagissant aux informations de la lettre de l’Expansion qui faisait état de deux offres déjà reçues, le groupe aéroportuaire a précisé qu’il n’avait arrêté «aucune décision, à ce stade, quant à la réalisation d’une telle opération». Interrogée par L’Agefi, une porte-parole d’ADP a souligné que cette réflexion n’était pas motivée par des obligations réglementaires mais qu’elle obéissait plutôt à des considérations d’ordre stratégique.

Le chiffre d’affaires de cette filiale (197 millions d’euros l’an dernier) représente 7,2% du chiffre d’affaires consolidé d’ADP, mais elle affiche une perte d’exploitation de 5 millions, similaire à celle de 2009. Libéralisée depuis 1996 dans l’Union européenne, l’assistance en escale (services aux passagers et à l’avion) est un marché «très concurrentiel» et «à forte composante de main-d’œuvre», constate ADP dans son document de référence 2010.

Le bureau d’analyse d’Oddo Securities valorise l’activité d’assistance en escale à 80 millions d’euros en valeur d’entreprise. Le groupe ne détient «guère plus de 15% des parts de marché derrière Air France qui, avec 50% du marché, s’auto-assiste et rend cette prestation à ses partenaires de l’alliance Skyteam», souligne le coutier, pour qui cette cession serait «une bonne nouvelle». Son activité sûreté (filtrage des passagers et bagages, contrôle d’accès en zone réservée, sécurisation du fret), «est certainement plus rentable compte tenu de son expertise mais la forte composante de main-d’œuvre cape sa rentabilité», ajoute-t-il.

N’attendant pas un retour à l’équilibre «avant 2012», un autre analyste parisien relève que la cession de cette filiale est assez sensible, dans la mesure où elle emploie près de 28% des effectifs totaux du groupe. Compte tenu de ses pertes récurrentes, la valeur d’entreprise d’Alyzia atteindrait selon lui «au maximum 0,5 fois son chiffre d’affaires», soit environ 100 millions d’euros sur la base des comptes 2010.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...