Altran rééquilibre sa structure de financement
Altran rejoint la cohorte d’entreprises qui se laissent tenter par les placements privés. L’émission obligataire de 135 millions d’euros à 6 ans que la société de conseil en innovation et en ingénierie vient de vendre à un petit groupe d’investisseurs aura pour effet de rééquilibrer la structure de sa dette. Deux mois après la conversion anticipée en actions de ses obligations convertibles (Oceane), cette nouvelle opération achève de donner au groupe davantage de souplesse financière.
Au terme de la transaction, Altran compte 135 millions d’euros de dette obligataire et 150 millions de dette bancaire sous la forme d’un crédit syndiqué tiré à hauteur de 122 millions, soit une répartition à peu près égale entre les deux sources. La société se finance aussi par affacturage. «Cette opération permet à Altran de diversifier ses sources de financement à des conditions avantageuses et allonge la maturité moyenne de sa dette. Surtout, elle accroît significativement sa capacité financière pour de nouvelles acquisitions», estimaient hier les analystes de CM-CIC Securities. «Ceci nous semble également plus favorable en termes de lisibilité du bilan du groupe», ajoutent les analystes d’Aurel BGC. Un sentiment partagé par le marché, l’action ayant pris jusqu’à 3,50% hier en séance.
A 3,75%, le coupon trouvé se compare favorablement à ceux de placements privés récents, qu’il s’agisse d’Akka Technologies dans le même secteur (100 millions d’euros à 5 ans à 4,45%) ou de Steria (180 millions à 4,25%). «Les investisseurs sont restés impassibles par rapport aux mouvements de marché de fin juin et début juillet. A aucun moment l’opération n’a été suspendue en raison de ces variations, et les spreads indiqués ont été tenus. C’est ce risque d’exécution relativement limité qui plaît aux émetteurs», indique Guy Silvestre, co-responsable du département global capital markets chez SG CIB. La banque a dirigé la transaction avec le Crédit Agricole d’Ile-de-France en co-chef de file.
Altran constitue le candidat type pour ce genre d’opérations. «Le placement privé se justifie pour une entreprise n’ayant pas besoin de revenir fréquemment sur le marché ni d’être notée, et n’ayant pas la taille pour émettre publiquement un emprunt benchmark», rappelle Frédéric Catelon, chez SG CIB. Le processus aura pris deux mois au total.
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