Alstom devient leader mondial des chaudières pour centrales au charbon
Un accord majeur pour Alstom. Le groupe vient de signer une lettre d’intention avec le chinois Shanghai Electric pour une coentreprise à 50/50 dans les chaudières pour centrales électriques au charbon. Le nouvel ensemble sera leader mondial avec 31% du marché. Une avancée considérable pour Alstom, qui ne disposait jusque-là que d’une part de marché de 8%. En 2010, les ventes cumulées ont représenté environ 2,5 milliards d’euros, 1,3 milliard pour Alstom et 1,2 milliard pour Shanghai Electric.
Cette nouvelle entité, baptisée Alstom-Shanghai Electric Boilers, sera enregistrée à Shanghai, avec son siège opérationnel à Singapour. En termes de gouvernance, les deux sociétés seront représentées équitablement au conseil, tandis que le président changera tous les deux ans. La technologie sera la propriété de la joint-venture. La finalisation de l’accord est attendu d’ici neuf à douze mois.
La structure bénéficiera des atouts des deux partenaires. Alstom apportera sa «large et ancienne proximité» avec les producteurs d’électricité dans le monde entier et sa technologie, tandis que Shanghai Electric amènera sa forte position commerciale en Chine, et son «excellente compétitivité». Alstom se positionne ainsi en force pour capter le marché chinois, le premier mondial pour les chaudières pour centrales au charbon.
Pour Oddo Securities, c’est «une bonne nouvelle». «Alstom va déconsolider environ 50% de son activité chaudières selon nous (près de 650 millions d’euros) dont la marge opérationnelle oscillait entre -2% et 4% selon les années. Ceci aurait un impact positif de 20 points de base sur notre marge opérationnelle 2012-2013 [attendue à 7,3% contre 7,1%]», note le courtier. De plus, «le groupe consolidera 50% de la JV en minoritaire et nous pouvons espérer une meilleure marge pour la JV (la profitabilité de Shanghai Electric dans les chaudières étant plus proche des 7-8% selon nos estimations», poursuit Oddo. Si Alstom se refuse à dévoiler la rentabilité des activités apportées, il anticipe déjà un impact postitif sur sa marge opérationnelle et un effet relutif sur son bénéfice net.
Selon Credit Suisse, cette «bonne opération» met cependant en évidence «la faiblesse de la position du groupe dans les centrales à vapeur. Nous pensons que la stratégie de ‘si vous ne pouvez pas les battre, rejoignez-les’ est juste, mais à long terme de grandes coentreprises comme celle-ci peuvent s’avérer problématiques».
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