Alcatel-Lucent s’emploie à normaliser son profil de dette
Un an après son arrivée aux commandes, Michel Combes continue de remodeler activement le profil financier d’Alcatel-Lucent. Après une obligation convertible en juin 2013, une dette senior le mois suivant et un pack «trois en un» (augmentation de capital, high yield et crédit renouvelable syndiqué) en décembre 2013, l’équipementier en télécoms a lancé hier une nouvelle obligation convertible. Le montant de cette Oceane atteint un peu plus de 1,04 milliard d’euros mais il pourrait encore être augmenté de 10% en cas d’exercice des options de surallocation consenties aux coordinateurs globaux (CA CIB, Deutsche Bank, Goldman Sachs et Morgan Stanley) et aux teneurs de livres associés (BofA Merrill Lynch, Barclays, Citigroup et Natixis). Ondra Partners a conseillé la société.
L’opération est divisée en deux tranches. La première d’un montant de 625,8 millions d’euros, à échéance 30 janvier 2019, porte un coupon zéro. En février, Suez Environnement avait également placé une convertible à coupon zéro. La prime d’émission des actions nouvelles a été fixée à 40%, en haut de la fourchette indicative. La seconde tranche, de 418,4 millions d’euros avec une maturité à 2020, offre un coupon de 0,125% au milieu de la fourchette proposée aux investisseurs. La prime a été arrêtée à 37%. «Les termes de cette nouvelle émission montrent à quel point le profil du groupe s’est amélioré», soulignent les analystes de Natixis. L’Oceane de juin 2013, d’un montant de 628 millions d’euros, avait été placée avec un coupon de 4,25% et une prime de 37%.
Si elle pourrait entraîner une augmentation de capital de l’ordre de 8%, la nouvelle Oceane contribuera à améliorer un peu plus les finances d’Alcatel-Lucent. La totalité du produit servira à rembourser le crédit de 1,75 milliard de dollars (1,28 milliard d’euros) émis début 2013 alors que les finances de l’entreprise étaient extrêmement tendues. Le groupe pourrait puiser si besoin dans sa trésorerie pour trouver les millions manquants.
Garantie sur les brevets du groupe, cette dette senior avait été aménagée durant l’été 2013 mais elle portait encore un taux d’intérêt de 5,75% contre 7,25% initialement. Selon Natixis, son remboursement grâce à l’Oceane engendrerait une économie de près de 67,5 millions d’euros par an, soit un quart du résultat net estimé pour 2014. Son remboursement permettrait aussi de lever toutes les garanties qui pèsent actuellement sur le portefeuille de brevets.
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