Alcatel-Lucent s’attèle au refinancement de 2 milliards d’euros de dette
Restructurer la dette sera l’une des priorités du futur directeur financier d’Alcatel-Lucent, appelé à remplacer Paul Tufano dont le départ a été officialisé hier lors de l’annonce du nouveau plan stratégique «Shift» de l’équipementier en télécoms. Si Michel Combes, le directeur général, espère autofinancer le plan à 2015, le groupe va tout de même essayer de profiter des conditions de marché «attractives» actuelles pour refinancer 2 milliards d’euros de dette dus entre 2014 et 2016. Celle-ci se décompose entre 1,6 milliard d’obligations et 400 millions de crédit bancaire portés par la filiale américaine.
Le groupe n’a pas donné de précision ni sur le calendrier, ni sur les modalités de ce refinancement, échange ou rachat des titres existants. Mais selon les analystes d’Aurel ETC Pollak, l’emprunt obligataire senior 2016, dont 442 millions restent à rembourser, est le premier visé. Il porte un coupon de 8,5%, supérieurs aux 7,25% du crédit syndiqué garanti obtenu en début d’année à un moment où le risque de liquidité d’Alcatel-Lucent était bien plus élevé. Le groupe doit également trouver une solution pour l’Oceane janvier 2015 qui cotait hier 3,23 euros pour une action à 1,49 euro.
En plus de cette ingénierie financière sur 2 milliards d’euros, Alcatel-Lucent compte rembourser 2 milliards de dette notamment au moyen de cessions d’actifs, dont plus de la moitié devront être conclues avant 2015. Le groupe n’a pas donné de noms, mais la division «entreprises» et les câbles sous-marins font vraisemblablement toujours partie des activités concernées. Le solde du désendettement pourrait provenir d’un appel au marché, via une augmentation de capital, une fois que le plan «Shift» aura commencé à porter ses fruits d’un point de vue opérationnel.
La baisse des coûts fixes d’un milliard d’euros et la concentration des efforts sur les segments les plus profitables, principalement les cœurs de réseaux et les équipements pour le très haut débit, doivent permettre, selon Michel Combes, «d’être free cash flow positif en 2015». L’an dernier, l’équipementier en télécoms a consommé 679 millions d’euros de cash et encore 533 millions au premier trimestre 2013. Le rythme de consommation restera fort au cours des prochains trimestres. Le plan «Shift» coûtera 830 millions d’euros de charges de restructurations supplémentaires entre 2014 et 2015.
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