Alcatel et Nokia s'épargnent un scénario à la GE-Alstom
Le projet de rachat d’Alcatel-Lucent par Nokia aurait pu donner à l’Etat l’occasion de rejouer l’affaire General Electric-Alstom. Les pouvoirs publics ont encore montré récemment dans le processus de vente de Dailymotion qu’ils sont toujours prêts à s’immiscer dans des affaires privées pour défendre les fleurons industriels ou supposés tels. Dans le cas des deux équipementiers, les événements devraient se dérouler de manière bien plus apaisée.
Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, a été le premier hier à bénir l’union des deux groupes, au nom du maintien de l’emploi en France.
Pourtant, Alcatel remplissait toutes les conditions pour déclencher à son tour l’interventionnisme de l’Etat. Même si son étoile a beaucoup pâli, l’équipementier en télécoms a symbolisé aux yeux du grand public l’innovation technologique à la française, au début des années 2000. Ses activités figurent par ailleurs sur la liste des secteurs stratégiques, définie par le décret Breton et complétée l’an dernier à l’occasion du dossier Alstom par le décret Montebourg. Un investisseur étranger ne peut donc pas racheter le groupe sans le feu vert de l’Etat. Enfin, malgré une rafale de plans sociaux ces dernières années, Alcatel emploie encore près de 7.000 personnes en France.
Avec un cocktail aussi explosif, Alstom avait dû faire face il y a un an à la fronde d’Arnaud Montebourg lorsqu’il avait voulu vendre sa branche énergie à l’américain General Electric. L’ex-ministre du Redressement productif n’avait il est vrai guère apprécié de découvrir le projet par une fuite dans une dépêche Bloomberg. S’en était suivi un long bras de fer public et une contre-offre de l’allemand Siemens, qui avait forcé les deux groupes à amender leur projet.
Alcatel et Nokia ont joué plus finement. Les pouvoirs publics ont été mis dans la confidence il y a plusieurs mois, a révélé hier Emmanuel Macron. Ils ont pu négocier en amont la promesse d’absence de suppressions de postes. La nationalité finlandaise de Nokia permet aussi au ministre de vanter la création d’un «grand champion européen» des équipementiers pour téléphone mobile et fixe.
Mais l’on pourra également y voir la patte d’Emmanuel Macron: là où Arnaud Montebourg avait agi en pur politique, l’actuel locataire de Bercy a préféré l’efficacité et la discrétion du banquier d’affaires qu’il était chez Rothschild.
Plus d'articles du même thème
-
Les stablecoins tentent de se faire une place dans le monde du paiement
Après une forte croissance entre 2022 et fin 2025, le marché des stablecoins stagne depuis octobre 2025 à 300 milliards de dollars. La majorité de ces jetons est utilisée pour le trading ou pour les transactions entre bots, plutôt que pour du paiement réel. -
Nanobiotix confirme sa visibilité financière jusqu'en 2029
La société de biotechnologie a creusé ses pertes au premier semestre mais une augmentation de capital lui permet de disposer de plus de 110 millions d'euros de trésorerie. -
Le « Listing Act » redessine l’accès aux marchés actions des PME et ETI de croissance
Dans une tribune à L’Agefi, Vincent Le Sann, directeur général adjoint de Portzamparc BNP Paribas, explique les enjeux et les conséquences de cette législation voulue par l'Union européenne sur le marché du private equity.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Que vaut la nouvelle Grande Table du Plaza Athénée ?
Après le départ de Jean Imbert, le restaurant gastronomique du Plaza Athénée ouvre une nouvelle page. L’adresse de l’avenue Montaigne a choisi de miser sur son équipe historique et sur une cuisine plus généreuse pour élaborer un menu en six actes, entracte en cuisine compris, avec une deuxième étoile en ligne de mire. -
Bons élèvesAu RN, Ciotti et Maréchal se disputent le premier rang
Les deux alliés du parti jouent des coudes. Entre preuves de loyauté et atouts revendiqués, leurs entourages se livrent un discret match pour savoir lequel des deux sera le plus utile pour 2027 -
Face au changement climatique, la ligne d’horizon de Krug pour préserver son excellence
La Champagne vient de connaître les vendanges les plus précoces de son histoire. En juin, quelques semaines avant cette récolte hors normes, Krug présentait Krug 2013, l'un des derniers millésimes vendangés en octobre. L'occasion, pour sa cheffe de caves, Julie Cavil, d'expliquer comment la maison fait évoluer ses méthodes pour préserver son style.