Alcan EP se prépare à des acquisitions avec l’appui d’Apollo et du FSI

Rebaptisé Constellium, le transformateur d’aluminium veut combler son retard en Asie. Et vise une croissance de 50% supérieure à celle de l’industrie
Olivier Pinaud

Ballotté ces dernières années entres différents actionnaires, Alcan Engineered Products veut devenir un groupe à part entière sous la houlette de ses nouveaux propriétaires, Apollo Management et le Fonds stratégique d’investissement, qui ont racheté 61% du capital à Rio Tinto début 2011. Symboliquement, le transformateur d’aluminium pour les constructeurs d’avions ou d’automobiles se rebaptise Constellium. Surtout, la société dirigée par Christel Bories, ancienne dirigeante de Pechiney, duquel Constellium a hérité de nombreux actifs, relance une stratégie offensive.

Le rachat d’Alcan par Rio Tinto en 2007 avait gelé les plans de développement de la société en Asie. «On a perdu 3 ou 4 ans sur notre plan de marche initial», reconnaît Christel Bories. Résultat, Constellium réalise encore aujourd’hui l’essentiel de son chiffre d’affaires en Europe et en Amérique du Nord alors que 40% du marché mondial se fait en Asie.

Priorité est donc donnée à la Chine. «Nos clients constructeurs automobiles vont produire de plus en plus sur place. Nous étudions des projets en collaboration avec eux mais qui pourraient aussi être étendus à d’autres secteurs», explique Christel Bories. Une ou plusieurs acquisitions ne sont pas exclues. «Nos actionnaires sont très moteurs sur ce sujet», indique la dirigeante. Apollo s’est d’ores et déjà dit prêt à financer une acquisition de taille. Si besoin, la société, dont «la dette est faible» le rachat de Constellium ayant été payé en fonds propres pour un montant qui reste toujours secret‑, «pourrait également avoir recours à l’endettement», ajoute Christel Bories.

Quoi qu’il en soit, Constellium assure qu’il restera sélectif, l’objectif du groupe étant de se concentrer sur ses points forts: l’aéronautique, l’emballage et l’automobile. Dans ce dernier segment, Christel Bories estime que le groupe peut «multiplier par 4 ou 5 les volumes vendus d’ici à cinq ans». Objectifs: afficher une croissance des ventes supérieure de 50% à la moyenne de l’industrie, un cash flow positif et une marge d’Ebitda de 10% ce qui nécessite, selon Christel Bories, «un saut de plusieurs points par rapport à notre marge actuelle», sans plus de précision. En 2010, Constellium a réalisé un chiffre d’affaires de 4,4 milliards de dollars, après 3,8 milliards en 2009.

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