Akzo Nobel doit prouver la pertinence du rachat d’Axalta
D’aucuns craignent que le groupe néerlandais surpaie pour rester hors de portée de PPG, même s’ils reconnaissent la logique industrielle du rapprochement.
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Bruno de Roulhac
Le conseil d’administration d’Axalta décidera de l’intérêt de fusionner avec Akzo Nobel.
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photo Axalta.
Akzo Nobel passe à l’attaque. Après avoir refusé de se faire racheter par PPG Industries, au grand dam du fonds Elliott, le chimiste néerlandais s’apprête à acquérir son concurrent américain Axalta Coating Systems.
Alors que les rumeursde rapprochement ont débuté en fin de semaine dernière, les deux groupes ont confirmé hier matin avoir engagé des discussions «constructives» en vue d’une «fusion entre égaux», entre Axalta et la division peintures et revêtements d’Akzo Nobel. Toutefois, ce processus se poursuivra «seulement si le conseil d’administration décide que c’est dans le meilleur intérêt d’Axalta de le faire», prévient la cible.
Ce rapprochement serait «une décision audacieuse avec une bonne complémentarité stratégique qui pourrait aider à maintenir l’indépendance d’Akzo Nobel», note Jefferies. Notamment les revêtements pour véhicules neufs d’Axalta compléteraient le portefeuille d’Akzo. Le nouvel ensemble deviendrait le deuxième acteur mondial derrière Sherwin Williams mais devant PPG, estime Raymond James.
Mais certains analystes soulignent le risque de surpayer Axalta pour rester hors de portée de PPG. D’ailleurs, l’approche d’Akzo est défensive, note Credit Suisse. Même si Bernstein anticipe des économies d’environ 250 millions d’euros. «Bien qu’il existe vraisemblablement des synergies de revenus et de coûts, nous pensons que les actionnaires pourraient préférer laisser la porte ouverte pour l’offre de PPG», poursuit Credit Suisse, précisant qu’avec ce rachat Akzo perdrait son profil de cible, ce qui pourrait déplaire à ses actionnaires.
Hier, l’action Akzo Nobel prenait 0,71% à 78,03 euros à Amsterdam. Si Axalta reculait à mi-séance, le titre avait gagné près de 17% vendredi. De quoi satisfaire son premier actionnaire, Warren Buffett, qui détient près de 10% du capital à travers Berkshire Hathaway.
Par ailleurs, Akzo Nobel précise que cette opération ne remet pas en cause le processus de scission de son activité de chimie de spécialités, dont la finalisation est attendue pour avril 2018, et la redistribution de la majorité du produit net aux actionnaires. Un versement d’un dividende exceptionnel de 1 milliard d’euros est déjà prévu pour le 7 décembre. Le calendrier va s’accélérer. Le moratoire de trois mois accordé par Elliott prendra fin mi-novembre, et les actionnaires d’Akzo sont convoqués en assemblée générale extraordinaire le 30 novembre prochain pour adopter la scission de la chimie de spécialités.
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