Air France va supprimer un quart de sa flotte court et moyen courrier

La compagnie compte réduire de 20% ses coûts d’exploitation d’ici à 2015 pour éradiquer le principal foyer de pertes du groupe
Olivier Pinaud

Tous les sujets ont été posés sur la table: modernisation du service long courrier, création d’un pôle régional, développement d’une offre «loisirs», refonte des classes première et affaires, efficacité économique des escales, amélioration de la maintenance, transformation de l’activité cargo, et amélioration de la productivité du personnel. Lors d’un long comité central d’entreprise, Alexandre de Juniac, le PDG d’Air France, a fait le point hier sur l’avancée de la restructuration de la compagnie aérienne, lourdement déficitaire. Une réorganisation qui doit permettre, selon la direction, de réduire de 20% les coûts d’exploitation d’Air France d’ici à 2015.

La principale mesure porte sur la réorganisation du réseau court et moyen courrier, zone rouge du groupe Air France KLM avec 700 millions d’euros de pertes en 2011. Trois pôles seront créés: Air France pour les lignes à forte clientèle d’affaires en France ou les vols alimentant l’activité long courrier au départ de Paris Charles-de-Gaulle; un pôle régional, regroupant Britair, Airliner et Regional; et enfin la constitution d’un pôle «loisirs» autour de Transavia pour les vols vers la Méditerranée.

Le temps d’utilisation des avions du pôle court et moyen courrier sera ensuite augmenté de plus d’une heure par jour et les équipages effectueront davantage de temps de vol par rotation. Résultat, en offrant le même nombre de siège-kilomètre offert, Air France retirera 34 avions de sa flotte court et moyen courrier à l’horizon 2014, sur les 150 actuellement en exploitation, hors Transavia dont la flotte passera de 8 avions actuellement à 20 d’ici 2015-2016.

Si la question des «sureffectifs» a été abordée avec les représentants du personnel, la direction d’Air France n’a donné aucun chiffre sur les suppressions de postes envisagées. L’ampleur des départs sera précisée dans la deuxième quinzaine de juin. La compagnie souhaite éviter le recours aux licenciements. Les départs naturels non remplacés sont estimés à 2.400 au total pour les trois ans à venir, voire plus en fonction de la réforme à venir des retraites.

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