Air France marche encore sur des œufs dans la mise en œuvre de son plan stratégique
«Trimestre après trimestre, on améliore la situation, mais ce n’est pas encore suffisant», a lancé vendredi le directeur financier d’Air France-KLM, Philippe Calavia, qui assure que le groupe va «maintenir (ses) efforts». Les résultats 2012 témoignent de ce constat, avec une perte opérationnelle courante réduite de 353 à 300 millions, pour un chiffre d’affaires en hausse de 5,2% à 25,63 milliards d’euros. Aurel, qui note que «Transavia se révèle être un succès», souligne que «le trafic passager a plus que compensé l’atonie du trafic cargo», dont les facturations cèdent 2,7%. Le courtier estime que la direction «s’attaque avec succès» à la réduction des coûts opérationnels et à l’«adaptation des ressources humaines aux besoins de l’entreprise». Sous le coup d’une provision de restructuration de 471 millions, la perte nette a tout de même bondi de 809 millions à 1,19 milliard l’an passé.
Le président Jean-Cyril Spinetta n’a pas manqué de souligner le «contexte très difficile» au sein duquel le groupe met en œuvre le plan Transform 2015, lancé début 2012 et qui a produit ses «premiers effets». Outre l’humeur morose du consommateur, tout particulièrement en Europe, Air France-KLM doit encore composer avec un prix toujours élevé et volatil du carburant et avec l’instabilité des taux de change. Le dirigeant a fait vœu de maintenir «une stricte discipline» pendant une année 2013 «cruciale» pour assurer «le retour à une rentabilité pérenne». Pour l’exercice en cours toutefois, le groupe ne se risque à aucune prévision chiffrée, affichant pour objectif «la poursuite de la réduction des coûts unitaires à change et prix du carburant constants et de la dette nette». Le consensus Reuters table sur un bénéfice d’exploitation de 346 et 885 millions en 2013 et 2014. Seule concession à la prudence, le groupe promet un résultat en amélioration au titre d’un premier trimestre «difficile» après la perte opérationnelle de 597 millions subie début 2012.
Quant à la dette, elle a baissé l’an dernier de 540 millions à 5,97 milliards, «grâce notamment à la cession d’une partie des titres Amadeus», et elle pourrait être ramenée à 4,5 milliards fin 2014. Un objectif nullement contradictoire selon Philippe Calavia avec la quête de croissance externe, avec pour terrain de chasse privilégié l’Amérique latine ou l’Asie, faute d’opportunités «pour aller de l’avant» en Europe.
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