Advent et Bain rachètent Nets au prix fort
Advent International, Bain Capital et le fonds de pension danois ATP ont mis le prix pour remporter le dossier Nets, au nez et à la barbe d’Atos. Le consortium va débourser 17 milliards de couronnes danoises, soit un peu moins de 2,3 milliards d’euros pour reprendre les participations détenues par 186 institutions financières scandinaves dont la banque centrale danoise. Les anciens actionnaires percevront également le dividende au titre de 2013, soit 498 millions de couronnes.
Nets était conseillé par JPMorgan, tandis qu’UBS et MHS Corporate Finance épaulaient le consortium. L’opération devrait être finalisée dans le courant du deuxième trimestre.
Nets est né de la fusion en 2010 du norvégien Nordito et du danois PBS. Le groupe est devenu le numéro un en Europe du Nord des services de paiement mais sa taille limitée constituait un handicap face à des acteurs plus gros, comme Worldpay, également entre les mains d’Advent et de Bain, ou Worldline, la filiale d’Atos, pour faire face à la baisse des commissions d’interchange enclenchée dans l’Union européenne. Pour contrer la moindre rémunération sur chaque transaction, l’effet volume devient primordial. D’où la volonté d’Advent et de Bain de s’emparer de Nets, qui opère 33 millions de cartes de paiement et qui détient un tiers du marché scandinave. Le groupe réalise 88% de ses revenus en Norvège et au Danemark.
L’opération se fait donc au prix fort, à 2,2 fois le chiffre d’affaires 2013 et un peu moins de 15 fois l’Ebitda 2013. Advent et Bain avaient racheté Worldpay à RBS en 2010 à 8,5 fois l’Ebitda. Advent, Bain et ATP apporteraient en capital environ un tiers des 2,3 milliards d’euros nécessaires. Selon des sources citées par Reuters, les repreneurs auraient sécurisé un financement bancaire de plus d’un milliard d’équivalents euros de dette senior auprès d’un syndicat de sept banques (JPMorgan, Nordea, UBS, Danske Bank, Deutsche Bank, Mizuho and Nykredit), à la fois en monnaie unique et en couronnes. Une émission obligataire high yield n’est pas exclue pour refinancer la dette. Celle-ci représenterait un peu moins de 6 fois l’Ebitda attendu.
Advent, Bain et ATP n’ont pas voulu divulguer hier le retour espéré sur cette opération, troisième plus grand LBO européen depuis le début de l’année. Ils ont indiqué que leur sortie pourrait se faire à terme via une mise en Bourse.
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